Quatre nouveaux épisodes, cinq comédiens historiques de retour… et un fauteuil vide savamment dissimulé. La révélation ne saute pas aux yeux pendant le visionnage : c’est en épluchant le générique de fin qu’on comprend que l’interprète original de Dewey, Erik Per Sullivan, n’a pas repris son rôle dans Malcolm in the Middle : Life’s Still Unfair.
À retenir
- Un casting presque intact pour le grand retour, sauf pour un personnage clé
- L’explication révélée en épuchant le générique de fin
- Un ancien enfant star qui a consciemment tourné le dos à Hollywood
Vingt-six ans après, la famille la plus chaotique du petit écran revient
« Malcolm in the Middle: Life’s Still Unfair » est une série événement en quatre épisodes basée sur la sitcom emblématique Malcolm in the Middle (2000-2006), qui sort le vendredi 10 avril sur Hulu et Hulu sur Disney+ pour les abonnés au pack aux États-Unis et sur Disney+ à l’international, réunissant le casting et l’équipe créative derrière l’une des sitcoms les plus populaires de tous les temps. Un timing qui tombe pile pour les nostalgiques de la rentrée scolaire américaine version 2000, cette époque où Fox diffusait chaque semaine les frasques d’une famille dysfonctionnelle et attachante.
La suite met en scène Frankie Muniz dans le rôle de Malcolm, Jane Kaczmarek dans celui de sa mère Lois, Bryan Cranston en Hal, Chris Masterson en Francis, Justin Berfield en Reese et Emy Coligado en Piama, la femme de Francis. Un plateau presque intact, ce qui est rarissime pour une série vieille d’un quart de siècle. Parmi les nouveaux venus, on retrouve Keeley Karsten dans le rôle de Leah, la fille de Malcolm, Kiana Madeira en Tristan, sa petite amie, et Vaughan Murrae en Kelly, le dernier enfant de Hal et Lois révélé lors de la grossesse de Lois dans le final de la série.
Le pitch, lui, sonne comme une évidence pour quiconque a suivi les sept saisons originales. Après s’être coupé, lui et sa fille, de sa famille pendant plus d’une décennie, Malcolm est ramené dans leur orbite lorsque Hal et Lois exigent sa présence à leur fête du 40e anniversaire de mariage. Retrouver ses proches pour une fête de famille qui tourne au vinaigre : voilà un postulat qui aurait pu être écrit par la série elle-même en 2003.
Derrière la caméra, pas de surprise non plus côté fidélité. Le créateur original, Linwood Boomer, revient en tant que scénariste et producteur exécutif de cette nouvelle itération de la série. Ken Kwapis réalise les quatre épisodes et en assure également la production exécutive. Un choix rassurant pour les puristes : Kwapis avait déjà mis en scène plusieurs épisodes marquants de la série originale, primée sept Emmy Awards, ainsi qu’un GRAMMY Award et un Peabody Award durant ses sept saisons.
Le fauteuil de Dewey, seul absent notable du grand retour
Tout collait parfaitement, sauf un détail. Comme annoncé précédemment, Caleb Ellsworth-Clark reprend le rôle de Dewey, le petit frère de Malcolm, joué à l’origine par Erik Per Sullivan. Pas de scandale, pas de brouille : juste un choix personnel, assumé et répété à plusieurs reprises par ses anciens partenaires de jeu.
Jane Kaczmarek a livré l’explication la plus limpide. Dans un entretien avec The Guardian, l’actrice, qui interprétait la mère à l’écran de Per Sullivan, a expliqué que le comédien retraité « étudie Dickens et est un étudiant incroyable. On lui a proposé des sommes folles pour revenir, et il a juste répondu : ‘Non merci.' » Une phrase qui résume à elle seule vingt ans de vie loin des plateaux.
Bryan Cranston, lui, a raconté la conversation en personne. « Je lui ai dit : ‘Hé, on a la série ! Elle va revenir’, et il m’a répondu ‘Oh, c’est fantastique !’ Et moi j’ai dit ‘Ouais, donc on aimerait bien te récupérer.’ Il a dit : ‘Oh non, non, je ne veux pas le faire. Mais c’est fantastique.' » Cranston a précisé que son ancien fils de série « va en réalité à Harvard. Il est vraiment très intelligent, et il fait son master à Harvard actuellement. »
Cette vie loin des caméras n’a rien d’un accident de parcours récent. Le dernier crédit d’acteur de Sullivan remonte à une apparition dans le film Twelve en 2010, alors qu’il avait 18 ans. Depuis, silence radio côté carrière, silence radio aussi sur les réseaux sociaux, ce qui a nourri pas mal de rumeurs infondées chez les fans les plus anxieux. La réalité est bien plus tranquille : un ancien enfant star qui a préféré les bancs de la fac aux plateaux de tournage, en passant par l’université de Californie du Sud avant Harvard.
Un choix qui en dit long sur l’après-célébrité précoce
Le contraste est frappant avec le reste de la fratrie télévisuelle. Muniz a poursuvi une carrière éclectique entre musique et sport automobile, Cranston est devenu une superstar mondiale grâce à Breaking Bad, et Kaczmarek a multiplié les apparitions télé. Sullivan, lui, a choisi la littérature victorienne plutôt que les scripts hollywoodiens. Un virage à 180 degrés qui, loin d’être un raté, ressemble surtout à une décision mûrement réfléchie face à un métier qu’il n’a, semble-t-il, jamais vécu comme une vocation.
Le personnage de Dewey n’a pourtant rien d’un rôle secondaire dans la mémoire collective. Sa petite danse, ses facéties, son évolution du gamin ignoré au cerveau discret de la famille : le petit dernier des Wilkerson comptait parmi les figures les plus attachantes de la série. Son absence, aussi discrète soit-elle à l’écran grâce au recasting, reste le seul vrai manque dans cette réunion de famille par ailleurs presque parfaite.
Reste une question presque plus intéressante que celle du générique : et si, dans dix ans, un nouveau projet tentait à nouveau sa chance auprès de lui ? Pour l’instant, la réponse tient en deux mots, ceux que Kaczmarek a rapportés mot pour mot : non merci.
Sources : abc7ny.com | abc7.com