Minions 3 débarque dans les salles françaises cet été : ce que la saga Moi, moche et méchant a réussi là où Pixar et Disney n’ont jamais suivi

173 392 entrées en une seule journée, un score qui dépasse celui de Toy Story 5 sorti la semaine précédente. C’est ainsi que Des Minions et des monstres a débarqué dans les salles françaises le 24 juin 2026, une semaine avant sa sortie américaine fixée au 1er juillet. Et derrière ce démarrage solide se cache une réussite que ni Pixar ni Disney n’ont jamais réussi à reproduire : transformer des personnages secondaires en véritable empire cinématographique.

Le film, réalisé cette fois en solo par Pierre Coffin, embarque les petites créatures jaunes dans le Hollywood des années 1920. Les Minions sont apparus pour la première fois au cinéma dans Moi, moche et méchant en 2010, avant d’avoir droit à leur propre franchise, lancée en 2015. Onze ans plus tard, la boucle est bouclée avec ce troisième volet centré sur les Minions, où une poignée de Minions poursuivent leurs ambitions de réalisateurs en partant à l’aventure à Hollywood, à la recherche de monstres à faire jouer dans leur propre film de créatures. Coffin lui-même a résumé sa philosophie sans détour : « Je ne voulais rien révolutionner » avec ce nouvel opus.

À retenir

  • Un personnage secondaire transformé en franchise plus rentable que son film d’origine
  • Comment Illumination a compris ce que Pixar et Disney ont manqué
  • Un succès commercial qui s’épanouit justement en rejetant la quête de prestige critique

Un spin-off devenu plus gros que l’original

Voilà le tour de force que ni Pixar ni Disney n’ont jamais accompli : faire d’un personnage secondaire une franchise qui éclipse celle qui l’a vu naître. Les Minions étaient à l’origine de simples faire-valoir dans Moi, moche et méchant. Aujourd’hui, la franchise cumule plus de 5,5 milliards de dollars dans le monde entre les quatre films Moi, moche et méchant et les deux spin-offs Minions, ce qui en fait la franchise d’animation la plus rentable de tous les temps. Un chiffre qui a permis à la saga de dépasser Transformers et les films Avatar au classement mondial toutes catégories confondues.

Pixar a bien tenté l’exercice avec les jouets de Toy Story ou les poissons du Monde de Nemo, mais jamais un spin-off dédié à un personnage secondaire n’a atteint une telle ampleur commerciale. Disney n’a pas fait mieux : ses tentatives de dérivés restent cantonnées à des suites directes ou des séries, jamais à une franchise cinéma capable de tenir sept films et de continuer à faire mieux que les films de la maison mère au box-office ouverture. C’est précisément là que réside le génie (calculé, forcément) d’Illumination : avoir compris que le public ne réclamait pas forcément plus de Gru, mais plus de babillage en gibberish et de bananes explosées au visage.

Une recette qui refuse le prestige, et ça marche

Le paradoxe est savoureux. Alors que Pixar collectionne les Oscars et que Disney Animation soigne son image d’auteur avec des films comme Vaiana ou Blanche-Neige, Illumination n’a jamais cherché la reconnaissance critique. Ce succès au box-office ne s’est pas traduit par une grande reconnaissance de l’industrie ou un respect critique, et les personnages créateurs de chaos d’Illumination entrent rarement dans la conversation sur les récompenses. Peu importe : le studio a fait de cette absence de prétention une arme commerciale redoutable.

Le nouveau film ne fait pas exception à la règle et pousse même le clin d’œil plus loin. Le récit imaginé emmène le scénario dans le Hollywood des années 20, un choix qui s’avère plutôt drôle et réussi, avec suffisamment de références pour parler aux adultes sans jamais perdre les enfants en route. La comparaison avec les précédents décors choisis par la franchise est d’ailleurs assumée par Coffin lui-même, qui évoque l’idée d’avoir eu le premier film Minions se déroulant en Angleterre dans les années 60, et le deuxième à San Francisco dans les années 70. Une manière de traiter chaque époque comme un simple décor de sketch, jamais comme un sujet en soi. C’est aussi ça, la marque de fabrique Illumination : jamais de grande leçon de vie façon Pixar, juste du rythme et des gags qui s’enchaînent.

Un accueil en salle en demi-teinte, mais un statut déjà acquis

Le démarrage français reste à nuancer. Le film enregistre une très forte baisse par rapport à Minions 2 : Il était une fois Gru et ses 603 500 entrées en 2022, ainsi qu’à Moi, moche et méchant 4 qui comptabilisait 458 421 entrées à sa sortie en 2024. Un tassement logique après seize ans d’exploitation intensive du filon jaune, mais qui n’entame en rien le statut de mastodonte de la saga.

Le film a d’ailleurs eu les honneurs d’ouvrir le Festival international du film d’animation d’Annecy 2026, confirmant que même les gardiens du temple de l’animation d’auteur reconnaissent, du bout des lèvres, la place occupée par ces personnages. Une reconnaissance symbolique qui contredit presque la légende du « divertissement jetable » collée à Illumination depuis quinze ans. Reste à voir si Des Minions et des monstres saura, sur la durée du box-office français, confirmer ce départ honorable ou si le public aura définitivement rangé les Minions au rayon nostalgie.

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