Shrek 5 ne sortira pas en décembre 2026. C’est même l’inverse : le studio vient de repousser une deuxième fois cette date, initialement calée pour les fêtes de fin d’année 2026, pour la renvoyer… à l’été 2027. De quoi donner le tournis à des millions de fans qui pensaient, depuis Shrek 4 : il était une fin sorti en 2010, que l’ogre vert avait définitivement raccroché ses oreilles pointues.
À retenir
- Deux reports en un an : pourquoi Universal abandonne-t-il la fenêtre de Noël pour la saga ?
- Zendaya et une transmission générationnelle : le vrai pari commercial que personne n’avait vu venir
- Les redesigns controversés des personnages pourraient-ils cacher des obstacles créatifs plus profonds ?
Un feuilleton de reports qui cache une vraie stratégie
Retraçons la chronologie, parce qu’elle dit beaucoup de la nervosité actuelle des studios face au calendrier des blockbusters. À l’annonce du projet en juillet 2024, Universal et DreamWorks Animation visaient une sortie le 1er juillet 2026. Six mois plus tard, changement de plan : le film est décalé à la fin décembre de la même année, pile pour les 25 ans de la franchise lancée en 2001. Puis, coup de théâtre à l’été 2025 : Universal et DreamWorks Animation ont de nouveau reporté le film d’animation, cette fois au 30 juin 2027. Deux reports en un an, sans qu’aucune explication officielle ne soit avancée. Universal ne donne aucune raison pour ce nouveau report, mais le studio a connu un succès disproportionné avec ses productions animées comme la franchise Moi, moche et méchant, Dragons ou Super Mario Bros pendant les mois d’été.
Ce silence stratégique, on peut le lire de deux façons. Soit le studio ajuste simplement son calendrier en fonction de la concurrence. Soit la production a rencontré des obstacles créatifs qu’on préfère ne pas ébruiter. Sachant que les deux premiers teasers avaient déjà suscité des débats sur le nouveau design des personnages, la deuxième hypothèse n’est pas à écarter totalement.
Le pari que personne n’attendait : fuir Noël pour l’été
Voilà le vrai coup de poker de cette histoire. Programmer un film familial en plein mois de décembre semblait pourtant logique, coller aux vacances scolaires, à l’ambiance festive, au marché porteur du Noël américain. Mais le calendrier 2026 s’est révélé être un champ de mines. Sortir le 23 décembre 2026 aurait placé le cinquième volet juste en face du rouleau compresseur Avengers: Doomsday et de L’Âge de Glace 6, une autre franchise animée elle aussi en quête de renouveau. Face à cet embouteillage, Universal a préféré déplacer ses pions plutôt que de risquer un naufrage au box-office.
La nouvelle date choisie n’est pourtant pas non plus un long fleuve tranquille. Sur sa nouvelle date de sortie, Shrek 5 ouvrira moins d’une semaine après le film animé Spider-Man: Beyond the Spider-Verse de Sony. l’ogre devra encore composer avec un rival de poids, mais dans un contexte jugé plus favorable aux films d’animation grand public. Le pari, c’est de miser sur la saisonnalité plutôt que sur l’effet de surprise des fêtes. Un choix qui tranche avec l’habitude qu’avait la saga de squatter les sorties estivales à ses débuts, avant de tester d’autres fenêtres avec les suites précédentes.
Une nouvelle génération de personnages pour relancer la machine
Le vrai pari, en réalité, ne se joue pas seulement sur le calendrier. Il se joue sur le casting. Mike Myers, Eddie Murphy et Cameron Diaz reviennent dans leurs rôles emblématiques de Shrek, Donkey et Fiona, tandis que Zendaya rejoint la distribution. Une arrivée qui ne doit rien au hasard : l’actrice et chanteuse incarne Felicia, la fille de Shrek et Fiona, aux côtés de ses frères Fergus et Farkle, interprétés par Marcello Hernandez et Skyler Gisondo. DreamWorks mise donc sur une transmission générationnelle assumée, en confiant l’avenir de la franchise à des enfants nés dans le film lui-même, à la fin de Shrek le troisième.
Derrière la caméra aussi, la continuité prime sur la rupture. Shrek 5 sera réalisé par les vétérans de la franchise Conrad Vernon et Walt Dohrn, deux noms familiers pour quiconque a suivi l’évolution de la saga depuis le deuxième épisode. Un choix rassurant pour les puristes, qui craignaient qu’un realisateur extérieur ne dénature le ton si particulier de Duloc et de ses habitants.
Un teaser qui a déjà fait parler de lui
Le premier teaser, dévoilé à la mi-juin 2026, a immédiatement relancé la conversation autour du film. Certains observateurs notent que les redesigns discrets des personnages avaient suscité une certaine résistance lors des premières images, mais que les nouvelles versions apparaissent plus expressives et attachantes, sans perdre le grain et la texture qui rendaient l’original si rafraîchissant. Un jugement qui rassure, sans pour autant éteindre tous les doutes des fans les plus nostalgiques, attachés au moindre pixel de leur ogre préféré.
Ce qui frappe surtout, c’est l’ampleur de ce qui se joue commercialement. Les quatre films Shrek ont rapporté plus de 2,9 milliards de dollars dans le monde, ont donné naissance à un spectacle itinérant mondial, une comédie musicale primée à Broadway avec huit nominations aux Tony Awards et 12 aux Drama Desk Awards, ainsi qu’une attraction immersive à Londres et des attractions dans les parcs Universal. Autant dire que ce cinquième volet ne part pas de zéro : il hérite d’un empire entier construit sur un ogre grincheux et son âne bavard, seize ans après ce que beaucoup croyaient être le dernier chapitre.
Reste une question que peu de monde pose encore : et si ce nouveau report à l’été 2027 n’était que le dernier avant un cinquième ajustement ? Le studio a déjà prouvé, avec les Minions et Illumination, que son calendrier reste une variable d’ajustement permanente. Une chose est sûre en tout cas : Shrek n’a jamais autant fait parler de lui depuis la fin de la précédente décennie, et le pari d’un retour générationnel, porté par Zendaya, pourrait bien redéfinir ce que le grand public attend d’une suite tardive.
Sources : jeanmarcmorandini.com | youtube.com