Personne ne croyait encore à un Livre VII : Astier reprend pourtant le récit d’Arthur là où Canal+ l’avait laissé en 2009

Dix-sept ans. C’est le temps qu’il aura fallu pour que la légende du Livre VII, ce septième chapitre que tout le monde réclamait et que son créateur avait officiellement enterré, redevienne une réalité tangible sur grand écran. Car si aucune saison inédite n’a jamais été tournée pour la télévision, Alexandre Astier vient bel et bien de reprendre le fil de l’histoire d’Arthur Pendragon exactement là où la série s’était arrêtée en 2009, à travers sa saga cinématographique.

À retenir

  • Le Livre VII n’existait officiellement plus depuis 2008, mais Astier le ressuscite subtilement à travers le cinéma
  • Six mois après la chute de Lancelot, Arthur reçoit un avertissement divin qui relance la quête du Graal
  • La deuxième partie du diptyque réserve des révélations surprenantes sur l’absence de certains personnages clés

Le Livre VII, ce serpent de mer qui n’existait pas

Remettons les choses dans leur contexte. En 2008, alors que les rumeurs d’un tournage en Brocéliande enflaient déjà sur la toile, Astier avait tranché sans détour. Il n’y aura pas de Livre VII de Kaamelott, c’était officiel, arrêté, prononcé par Alexandre Astier lui-même et écrit dans Télé 7 jours. Le plan initial était pourtant limpide : Kaamelott devait se composer de 7 saisons à la télévision et de 3 longs-métrages, mais l’auteur a décidé, en accord avec M6, de s’arrêter avant pour passer plus vite au cinéma.

Pendant plus d’une décennie, cette annonce a nourri un malentendu tenace. Les fans continuaient de chercher, de google, d’espérer. Le créateur avait bien évoqué, en 2010, l’idée d’une série de nouvelles baptisée Kaamelott Résistance, censée raconter la tyrannie de Lancelot entre la fin du Livre VI et le début des films. Le format a changé mille fois au fil des années, roman, bande dessinée, mini-série, sans jamais aboutir concrètement. Résultat ? Un vide narratif que personne ne croyait plus voir comblé un jour, tant le projet cinéma lui-même a mis une éternité à sortir de terre : annoncé en 2012, il n’a été tourné qu’à partir de janvier 2019.

Le cinéma reprend le récit exactement où la télé l’avait laissé

C’est là que la trilogie change la donne. Après le carton surprise de Kaamelott : Premier Volet en 2021, Astier a annoncé que la suite serait scindée en deux parties tournées simultanément. Six mois après la chute de Lancelot, Arthur ne se sent pas prêt à reprendre le trône et la quête du Graal, jusqu’à ce qu’il reçoive un avertissement des dieux. Apprenant que la Table ronde a été reconstruite et que ses chevaliers, anciens et nouveaux, ont été réunis, le roi de Logres décide de les envoyer de part et d’autre du royaume pour accomplir des quêtes, pendant que Lancelot, hanté par son père et poussé par Méléagant, plonge dans la magie noire. Voilà, très concrètement, le fameux chaînon manquant que les fans attendaient depuis le générique de fin du Livre VI.

La première partie de ce diptyque, sortie le 22 octobre 2025, a repris directement le fil interrompu par la série. Mais elle a aussi révélé une ambition narrative bien plus large que prévu. Kaamelott Deuxième Volet Partie 2 s’annonce comme un chapitre crucial pour les fidèles de la saga, entre interrogations sur le retour de Perceval et promesses d’aventure, humour et profondeur. Un détail qui a surpris jusqu’aux acteurs eux-mêmes : Perceval apparaît bien par le biais de mentions et de lettres qui puent dans Kaamelott Deuxième Volet, mais il n’est pas visible à l’écran, son interprète Franck Pitiot ayant expliqué ne pas s’être retrouvé dans le film après lecture du scénario. Une absence qui en dit long sur la manière dont Astier a fait évoluer, parfois brutalement, son propre univers.

Une attente plus longue que prévu, un accueil en demi-teinte

Le calendrier n’a pourtant pas joué en faveur du projet. Astier lui-même aurait préféré resserrer l’écart entre les deux volets. La date de sortie de la partie 2 n’est pas celle qu’il aurait voulue, précise-t-il, lui qui tenait à ce qu’il y ait environ quatre ou cinq mois de délai entre les deux films. Finalement, c’est plus d’un an d’attente qui sépare les deux sorties, avec une deuxième partie programmée au 11 novembre 2026.

Côté fréquentation, le premier volet du diptyque n’a pas retrouvé l’ampleur du film de 2021. Le film a totalisé 1 024 232 entrées en France, quand le premier film avait dépassé les 2,5 millions d’entrées en quelques semaines, alors même que la pandémie contraignait les salles à appliquer de lourdes restrictions partout en France. Un tassement logique, quand on sait que le public de 2021 sortait d’un confinement et se ruait sur les salles rouvertes, mais un signal qui interroge tout de même sur la capacité de la saga à transformer son socle de fans fidèles en phénomène grand public durable.

Pour la partie 2, l’intrigue reprendra sans transition. Cette partie 2 reprendra exactement là où le premier volet s’arrêtait, avec le chavirement du bateau où se trouvent Arthur, Guenièvre et Vénec. Astier a confirmé que les thèmes de la fidélité, du renoncement et de la recherche de sens continueront à guider les personnages. Sur le plateau, la distribution reste XXL : plus d’une centaine de personnages se retrouvent réunis dans cette aventure épique, entre chevaliers historiques et nouvelles figures apparues depuis le premier volet.

Reste une question que peu de médias posent frontalement : ce diptyque cinéma suffira-t-il à clore définitivement le mythe du Livre VII, ou Astier laissera-t-il volontairement des zones d’ombre pour justifier un éventuel troisième film ? Le budget de la seule partie 2, déjà annoncé à 19 millions d’euros selon les données du CNC citées par la presse spécialisée, suggère en tout cas que la saga n’a pas fini de mobiliser des moyens dignes d’une superproduction, bien loin de l’économie artisanale des saisons diffusées entre 2005 et 2009.

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