Le dernier Marvel signe l’un des pires démarrages de la saga en France et ce n’est pas par manque de salles

466 763 entrées en une semaine. Ce chiffre, c’est celui de Thunderbolts*, sorti en salles début mai 2025 et qui reste, à ce jour, l’un des lancements les plus décevants de toute l’histoire du Marvel Cinematic Universe en France. Et non, le problème ne venait pas d’un manque de copies ou d’un mauvais timing de sortie.

Le film avait pourtant bénéficié d’un jour férié pour son démarrage, un atout habituellement en or pour les distributeurs. La sauce n’a pourtant pas pris en France avec seulement 466 763 entrées, malgré le jour férié, pour sa première semaine, ce qui en fait le troisième pire démarrage du MCU. Seuls deux films de la franchise avaient fait pire avant lui. Autant dire que le costume de super-héros ne suffit plus à remplir les salles comme au bon vieux temps d’Avengers : Endgame.

À retenir

  • Pourquoi un film Marvel peut-il échouer avec 521 salles et un jour férié ?
  • Comment Thunderbolts* a enregistré le deuxième pire démarrage du MCU en France
  • Quand la qualité critique et la distribution massive ne suffisent plus à remplir les salles

Un premier jour en dessous des radars

Le vrai signal d’alarme est arrivé dès la journée d’ouverture. Le film a connu une déception pour son premier jour avec seulement 80 845 entrées sur 521 sites, soit le deuxième plus mauvais démarrage pour un film du MCU, entre le premier Captain America et The Marvels, et moins bien que Captain America : Brave New World et ses 105 227 entrées. Pour un studio qui a longtemps régné sans partage sur le box-office mondial, se retrouver coincé entre le tout premier volet d’une franchise vieille de quinze ans et le pire flop jamais enregistré du MCU, ça fait mal à l’ego.

Le nombre de salles n’a pourtant rien à voir avec cette contre-performance. Le film a écoulé 80 000 tickets pour une moyenne de 29 entrées par séance, un démarrage situé en dessous de Captain America : Brave New World (105 000 entrées pour 36 places par séance) ou des Gardiens de la Galaxie Volume 3 (159 000 billets pour 54 places par séance). Même exposition, même réseau de diffusion, mais un public qui, cette fois, n’a pas suivi. La comparaison est cruelle : sur le papier, tout était en place pour un carton. Dans les faits, les salles étaient à moitié vides sur de nombreuses séances.

Une deuxième semaine qui rattrape doucement le coup

Le film a fini par trouver son public, mais trop tard pour effacer l’impression d’un rendez-vous manqué. Porté par un bon bouche à oreille, le film sombre de l’univers Marvel a résisté au box-office avec 320 117 entrées lors de sa deuxième semaine, portant son cumul à 786 880 entrées et laissant espérer un franchissement du million la semaine suivante. Le long métrage a fini par cumuler 1 112 514 entrées en France sur l’ensemble de sa carrière en salles, un score honnête mais loin, très loin, des standards habituels du studio à la maison des idées.

Ce qui rend l’histoire encore plus frustrante pour Marvel Studios, c’est que la critique était plutôt tendre avec ce film. De l’avis général, le film était une (très) bonne surprise, plus sombre que d’habitude et s’intéressant vraiment à ses personnages, à travers lesquels il aborde la santé mentale, la solitude ou la dépression. Un pari artistique payant sur le papier, salué par la presse spécialisée. Mais dans les salles obscures, ce discours plus mature n’a manifestement pas suffi à faire déplacer les foules. J’y vois presque un paradoxe : le MCU a longtemps été critiqué pour sa formule trop lisse et répétitive, et le jour où il tente autre chose, c’est justement ce pari qui ne convainc pas le grand public.

La comparaison avec les épisodes précédents de la même année est encore plus parlante. Captain America : Brave New World avait attiré 648 110 personnes pour ses débuts au mois de février de la même année, soit près de 200 000 entrées de plus dès la première semaine, pour un film pourtant nettement moins bien accueilli critiquement. Preuve que la notoriété des personnages pèse parfois plus lourd que la qualité du scénario dans la balance du box-office.

Le vrai problème : des héros que personne ne connaît par cœur

L’explication la plus solide tient moins à un problème logistique qu’à un problème de casting de personnages. Le film fait mieux que The Marvels mais moins bien que les autres opus de la Phase V du MCU dont il constitue la clôture, car il tourne autour de personnages moins connus et aimés de l’univers, sans posséder la notoriété d’un Captain America ou des Gardiens de la Galaxie. Yelena Belova, le Faucon Winter Soldier ou Ghost n’ont jamais eu droit à leur propre film solo avant d’être réunis dans cette équipe de seconds couteaux. Le public, lui, a suivi la logique inverse de celle des studios : sans héros star, pas de déplacement automatique en salle.

À l’heure où le MCU prépare son grand retour avec Spider-Man : Brand New Day puis Avengers : Doomsday en fin d’année, cet épisode reste un rappel utile. Un large réseau de salles et une bonne réception critique ne garantissent plus rien face à un public de plus en plus sélectif sur ses héros de prédilection. La vraie question, c’est de savoir si les retrouvailles annoncées entre Robert Downey Jr. et les frères Russo suffiront à faire oublier ce genre de trou d’air, ou si la franchise devra désormais composer durablement avec des scores en dents de scie.

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