Plus personne n’attendait un nouveau film en Terre du Milieu au cinéma : onze ans après le dernier, c’est Gollum qui rouvre la porte

Le tournage a démarré cet été à Wellington, et pour beaucoup de fans, c’est une date qu’ils n’espéraient plus voir arriver. Onze ans après Le Hobbit : La Bataille des Cinq Armées, dernier volet live-action tourné en Terre du Milieu, la caméra s’est remise à tourner sur les terres néo-zélandaises pour The Lord of the Rings: The Hunt for Gollum. Et c’est bien Gollum, la créature la plus tordue de la saga, qui rouvre la porte du royaume de Tolkien au cinéma.

À retenir

  • Un tournage lancé cet été en Nouvelle-Zélande après plus d’une décennie d’absence
  • Andy Serkis revient incarner Gollum/Sméagol en motion capture, cette fois en tant que réalisateur
  • Une intrigue développée à partir des notes de Tolkien, se déroulant entre Le Hobbit et La Communauté de l’Anneau

Un projet annoncé, puis retardé, enfin lancé

Tout a commencé en mai 2024, quand Warner Bros. a officialisé le titre de travail du film et confirmé qu’Zaslav annonçait que Jackson, Walsh et Boyens produisaient deux nouveaux films Lord of the Rings pour Warner Bros. et New Line, le premier ayant pour titre de travail The Lord of the Rings: The Hunt for Gollum et étant prévu pour une sortie en 2026. Un calendrier vite jugé trop optimiste. En février 2025, Andy Serkis lui-même a douché les espoirs les plus pressés en confirmant que le film ne sortirait plus en salles en 2026, mais arriverait plutôt en décembre 2027.

Le retard n’a rien d’un signal d’alarme, plutôt d’une prudence assumée. Serkis a expliqué que « la préparation prend un bon moment, six ou sept mois, et ensuite on tournera l’année suivante ». Résultat : la pré-production a démarré en septembre 2025 à Wellington, avec plusieurs membres de l’équipe historique de retour, avant que le tournage principal ne débute réellement en juillet 2026 à Wellington, avec James Friend à la photographie. Un an de préparation pour retrouver la magie d’une trilogie qui a changé la manière de faire du cinéma fantastique, rien que ça.

Qui revient, qui débarque, qui manque

Impossible d’imaginer ce film sans son interprète historique. Andy Serkis est confirmé pour diriger et reprendre son rôle du Sméagol corrompu, celui qu’il incarne en motion capture depuis Les Deux Tours en 2002. À ses côtés, Ian McKellen reprend la cape et le chapeau pointu de Gandalf : l’acteur avait lâché l’info lui-même avant l’officialisation, en lançant qu’il n’était pas question de laisser quiconque d’autre porter le chapeau et la barbe s’il pouvait l’éviter.

Elijah Wood est également annoncé pour retrouver Frodo Sacquet, et Lee Pace reviendra en Thranduil, offrant un pont narratif bienvenu entre la trilogie du Hobbit et celle du Seigneur des Anneaux. Côté nouveautés, Kate Winslet fait une entrée remarquée dans un rôle encore tenu secret : les rumeurs évoquent la grand-mère de Sméagol, jamais nommée dans les romans mais mentionnée par Gollum lui-même. Anya Taylor-Joy et Leo Woodall complètent un casting qui mélange légendes et jeunes talents.

Un changement de taille, en revanche : Aragorn ne sera plus incarné par Viggo Mortensen. L’acteur ne reprendra pas son rôle, et c’est Jamie Dornan qui héritera de la cape du rôdeur, sous le nom de Strider. Un choix qui a fait grincer quelques dents chez les puristes, mais qui colle à la temporalité du récit : l’histoire se déroule bien avant les événements de la trilogie originale, à une époque où Aragorn n’a pas encore le visage buriné qu’on connaît.

Une histoire dans les marges du roman

Le titre ne trompe personne : le film suit la traque d’Aragorn à la recherche de Gollum, dans les années qui séparent Bilbo le Hobbit et La Communauté de l’Anneau. Le nouveau film suit la quête périlleuse d’Aragorn pour capturer Gollum avant que la créature ne révèle à Sauron l’emplacement de l’Anneau, une histoire développée en grande partie à partir des notes de bas de page de Tolkien, se situant entre Le Hobbit et La Communauté de l’Anneau. La scénariste Philippa Boyens a précisé à Empire que le récit se déroule « après l’anniversaire de Bilbo et avant les Mines de la Moria ».

C’est un pari scénaristique intéressant : broder à partir de fragments plutôt que d’adapter un roman entier. Peter Jackson lui-même a insisté sur l’ambition du projet, expliquant vouloir explorer davantage le personnage connu comme Sméagol, mais surtout comme Gollum, un personnage qui fascine parce qu’il reflète le pire de la nature humaine tout en restant, du côté de Sméagol, plutôt sympathique. Une manière habile de justifier un film entier centré sur une créature qui, dans les livres, n’occupe finalement que quelques chapitres.

Le poids d’un héritage à 2,9 milliards de dollars

Difficile de faire l’impasse sur l’enjeu commercial. La date de sortie n’a rien de surprenant puisque les six films des trilogies du Seigneur des Anneaux et du Hobbit sont tous sortis en décembre, juste avant les fêtes de Noël, chaque trilogie ayant rapporté 2,9 milliards de dollars au box-office mondial. Autant dire que Warner Bros. ne joue pas petit bras avec ce nouveau chapitre, calé lui aussi sur le créneau des fêtes, le 17 décembre 2027.

Un détail amusant mérite d’être signalé pour clore ce dossier. Bien avant que le studio ne s’empare du concept, un court-métrage amateur intitulé… The Hunt for Gollum, avait circulé sur YouTube depuis 2009. À l’annonce du projet officiel en 2024, la vidéo avait été retirée, provoquant la colère de la communauté de fans, avant d’être finalement remise en ligne quelques jours plus tard. Preuve, s’il en fallait une, que la traque de Gollum obsède les fans depuis bien plus longtemps qu’on ne le croit — et que Warner Bros. n’a peut-être fait que rattraper une histoire que le fandom racontait déjà à sa façon.

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