Chaque année à la même période, le même réflexe ressurgit chez des millions de foyers français : ouvrir Netflix, taper « Totoro » dans la barre de recherche, et se dire qu’on va enfin regarder ce classique avec les enfants un soir de canicule. Mais la vraie bonne nouvelle se joue ailleurs, sur une chaîne que personne ne pense à allumer pour de l’animation japonaise. Le film du Studio Ghibli Arrietty, le petit monde des chapardeurs est devenu disponible gratuitement sur France TV en juillet 2026, poursuivant une habitude prise depuis plusieurs saisons. Netflix a bien le catalogue, mais il faut payer. France Télévisions, elle, offre le même émerveillement sans sortir la carte bancaire.
À retenir
- Netflix cache une concurrence silencieuse : France TV propose gratuitement ce que tout le monde croit devoir payer
- Une fenêtre de 14 jours seulement : le piège qui fait oublier aux fans quand les classiques disparaissent
- Studio Ghibli a rompu avec sa résistance historique au streaming, ouvrant un équilibre subtil entre monétisation et accès populaire
Une habitude qui s’installe, saison après saison
Tout a commencé presque par accident. En 2020, pendant le premier confinement, le service public avait déjà tenté le coup en diffusant gratuitement quelques films Ghibli pour adoucir les journées de télétravail forcé. L’expérience a visiblement laissé des traces, puisque France Télévisions a rempilé l’été suivant, puis encore l’année d’après. En 2025, le rendez-vous a pris une ampleur inédite : à partir du 14 juin, France 4 et la plateforme france.tv ont proposé une sélection de chefs-d’œuvre du studio légendaire, avec un choix éditorial malin. Plutôt que d’ouvrir le bal avec les poids lourds évidents, la chaîne a misé sur des titres plus confidentiels : le 14 juin, La colline aux coquelicots inaugurait la programmation, suivie le 21 juin par Si tu tends l’oreille et Souvenirs de Marnie. Une façon habile d’attirer les curieux avant de sortir les grands classiques quelques semaines plus tard.
Le chiffre donne le vertige quand on le compare à un abonnement Netflix classique. France TV a diffusé une vingtaine de films Studio Ghibli gratuitement durant l’été 2025, dont Totoro, Le Voyage de Chihiro et Princesse Mononoké, en concurrence directe avec un Netflix facturé près de 20 euros par mois. Vingt films. C’est quasiment l’intégralité de la filmographie du studio, accessible sans code promo ni période d’essai. Et l’histoire ne s’arrête pas là : fin 2025, pour célébrer les quarante ans de la maison fondée par Hayao Miyazaki et Isao Takahata, France Télévisions a proposé une nouvelle sélection de chefs-d’œuvre dès le 6 décembre sur France 4, avant leur mise en streaming gratuit sur france.tv à partir du 13 décembre. Preuve que le rendez-vous n’est plus un coup ponctuel mais un vrai pilier de la grille estivale et hivernale du service public.
Pourquoi Netflix n’a jamais eu le monopole qu’on lui prête
L’idée reçue veut que Netflix soit le seul endroit où traîne le catalogue Ghibli en France. C’est en partie vrai, mais incomplet. Pour ceux qui souhaitent explorer l’intégralité du catalogue sans attendre les diffusions de France TV, Netflix reste une option incontournable puisqu’il propose 24 des 26 films du studio, dont Princesse Mononoké, Le château ambulant et Le garçon et le héron. Seulement voilà, deux titres échappent même à Netflix : Le tombeau des lucioles, disponible sur Lacinetek, et La tortue rouge, sur Apple TV, manquent à l’appel. Le catalogue payant n’est donc pas si exhaustif qu’on l’imagine, et il faut parfois jongler entre trois plateformes différentes pour tout voir.
Le vrai basculement, c’est que le studio japonais a longtemps snobé le streaming avant de changer radicalement de doctrine. Studio Ghibli, qui résistait historiquement au streaming, accepte désormais la dématérialisation de ses œuvres, marquant un tournant dans sa stratégie. Ce virage a ouvert la porte à des accords multiples : Netflix pour la profondeur du catalogue à l’international, et des fenêtres gratuites ponctuelles pour les diffuseurs publics comme France Télévisions. Un jeu d’équilibriste entre monétisation mondiale et accès populaire local, qui explique pourquoi les deux offres coexistent sans jamais vraiment se marcher dessus.
Le détail qui change tout : la fenêtre de 14 jours
Voici le piège à éviter si vous comptez sur France TV pour votre marathon Ghibli annuel : la gratuité a une date de péremption. Chaque film diffusé le samedi soir sur France 4 reste ensuite disponible pendant quatorze jours sur france.tv, pas un jour de plus. Manquez le coche, et il faudra attendre la prochaine vague, parfois plusieurs mois plus tard. C’est un fonctionnement très différent de Netflix, où les titres restent en catalogue en continu tant que l’accord de licence court. La contrepartie, c’est que l’offre France TV se renouvelle sans cesse : après la vague estivale et celle des quarante ans du studio en fin d’année dernière, Arrietty est réapparu sur la plateforme dès juillet 2026, confirmant que le service public égrène son catalogue Ghibli par petites touches tout au long de l’année, et pas uniquement lors d’un grand raout estival.
Reste une question que peu de fans se posent : pourquoi diable France 4, chaîne jeunesse assumée, et pas France 2 ou France 3 aux audiences bien supérieures ? Le choix n’a rien d’un hasard de programmation. Les chefs-d’œuvre d’animation de Hayao Miyazaki arrivent sur France 4, Okoo et france.tv, dans une programmation permettant au jeune public comme aux familles de découvrir ou redécouvrir l’univers poétique du maître du Studio Ghibli. En clair : France Télévisions cible délibérément les familles avec enfants, quitte à laisser filer une partie du public adulte qui zappe rarement sur cette chaîne. Un pari qui fonctionne, à en juger par la régularité du rendez-vous, saison après saison, sans que Netflix n’y trouve grand-chose à redire.
Sources : x.com | jeuxvideo.com