La nouvelle a de quoi surprendre ceux qui pensaient le dossier définitivement clos : le fameux quartier du Mistral, rasé dans la fiction par un effondrement de bâtiments, revit désormais entièrement en studio à Marseille. Un choix de production qui confirme, noir sur blanc, ce que beaucoup d’anciens fans redoutaient depuis l’arrêt brutal de la série sur France 3 : l’ancrage dans le vrai Marseille, celui des rues, des vraies façades et des passants qui s’arrêtaient filmer, appartient au passé.
À retenir
- Le quartier du Mistral, détruit dans la fiction, revit maintenant intégralement en studio à Marseille
- La promesse d’authenticité marseillaise cède progressivement face aux impératifs de production et de coûts
- Les coulisses de la série traversent des turbulences sérieuses, révélées par une enquête récente
Un retour qui promettait l’authenticité de la vraie ville
Retour en arrière. Arrêtée par France 3 le 18 novembre 2022 après 18 saisons et 4.665 épisodes, la célèbre série quotidienne a signé son grand retour sur TF1 début 2024, année de son vingtième anniversaire. Un pari risqué, d’autant que les anciens décors avaient été détruits après la disparition de la série. Il fallait tout reconstruire, littéralement.
Pour ce lancement, la production avait pourtant fait un choix qui se voulait rassurant. Les studios de la Belle de Mai ont rouvert leurs portes et été réaménagés pour accueillir de nouveau toutes les équipes, avec cette fois près de la moitié du temps de tournage passé en extérieur, le bar du Mistral n’étant plus tourné en studio mais dans un vrai bar du village d’Allauch, le Bar de l’Hostellerie. Le choix de ce village aux portes de Marseille se voulait logique et réfléchi, offrant un cadre authentique et typiquement provençal. Le message était clair : cette version ne serait pas un décor en carton-pâte, mais un feuilleton qui respire encore le vrai terroir marseillais.
Sur le plan visuel, le changement était net. La façade rouge a disparu, l’établissement s’est paré de nouvelles couleurs avec des murs vert d’eau, plus moderne et plus cosy, et la cuisine où Roland Marci mijotait sa bouillabaisse depuis quinze ans a été agrandie, désormais visible derrière une verrière. Un lifting assumé, célébré en grande pompe : la chaîne et sa filiale Newen, déjà à l’origine de « Demain nous appartient » et « Ici tout commence », ont inauguré le nouveau bar fictif du Mistral en présence de la direction de TF1 et de la ministre de la Culture Rima Abdul Malak. Dans la fiction, l’histoire collait parfaitement au décor : le quartier du Mistral, inhabitable depuis l’effondrement de plusieurs de ses bâtiments survenu le 24 janvier 2023, pousse Thomas et son demi-frère Kilian à lancer avec Barbara un nouveau bar-restaurant, « Le Mistral », à quelques rues de l’ancienne place.
2026, le studio reprend ses droits sur le village provençal
Deux ans plus tard, le vent tourne. La série entame sa troisième saison, diffusée sur TF1 et TF1+, produite par Newen Studios. Et les annonces de casting pour la suite du tournage sont sans ambiguïté : le tournage reprend à partir d’octobre 2026, avec un engagement sur le long terme souhaité, à Marseille et alentours. Rien d’anodin dans ce recentrage géographique.
Sur les scènes d’intérieur, la bascule vers le tout-studio se confirme. Les studios de la Belle de Mai accueillent les scènes d’intérieur dans des décors entièrement reconstruits, tandis que pour les extérieurs, l’équipe alterne entre Marseille et le village d’Allauch. le village provençal qui avait fait office de vitrine « authentique » au lancement n’est plus l’unique décalque du réel : il partage désormais l’affiche avec des façades bâties de toutes pièces à Marseille, dans l’enceinte sécurisée des anciens locaux de la Belle-de-Mai. Pour les fans qui avaient suivi les visites guidées organisées chaque été à Allauch, où l’office de tourisme proposait de découvrir l’envers du décor de la série sur le lieu où sont tournées la moitié des prises de vue, le symbole est fort. La promesse d’un feuilleton toujours planté dans le bitume marseillais recule, année après année, devant les impératifs de production, de sécurité et de coûts d’un plateau intérieur.
TF1+, la nouvelle vitrine incontournable
Ce recentrage sur le studio coïncide avec un changement de statut pour la plateforme TF1+, qui n’est plus un simple prolongement du direct mais devient une pièce maîtresse du dispositif. La rediffusion arrive le soir sur TF1 Séries Films à 20h30, tandis que la plateforme TF1+ propose le replay. De plus, deux épisodes en avance pour les abonnés les plus impatients. Le feuilleton a également conquis un nouveau territoire : il est disponible depuis le 19 juin 2026 sur Netflix, preuve que sa diffusion ne se limite plus au rendez-vous de 14 heures sur la chaîne historique.
Bonne nouvelle pour les inconditionnels malgré tout : après deux étés marqués par une interruption de la diffusion sur TF1, la chaîne a cette fois fait le choix de ne connaître aucune coupure durant l’été 2026, contrairement aux deux précédents étés. De quoi limiter la casse pour une série qui, en coulisses, traverse une zone de turbulences plus sérieuse. Le 22 avril 2026, une enquête publiée par Libération a révélé des pratiques brutales au sein de l’équipe de scénaristes de la série, dirigée par Mariem Hamidat et Thomas Fecchio, mariés depuis 2024. Un climat interne tendu qui, ajouté au retour massif du studio comme décor unique, alimente le sentiment d’un feuilleton qui a bel et bien changé de nature depuis son âge d’or sur France 3.
Reste une question que peu osent poser tout haut à Allauch : combien de temps la mairie, ravie de l’attractivité touristique offerte par la série depuis 2023, pourra-t-elle encore compter sur ces tournages en décor naturel si le studio marseillais continue de grignoter du terrain ? Le maire Lionel de Cala, qui s’était réjoui en 2023 de voir sa commune de 20 000 habitants devenir le nouveau décor du Mistral, n’a pour l’instant communiqué aucun chiffre sur l’évolution du nombre de jours de tournage prévus sur sa place de l’Hôtel de ville pour la saison à venir.
Sources : francebleu.fr | ozap.com