En classant tous les films de Jean Reno par recettes mondiales, un thriller américain de 2006 laisse Léon et Les Visiteurs très loin derrière

Sept cent soixante millions de dollars. C’est ce qu’a rapporté Da Vinci Code dans le monde entier en 2006, film où Jean Reno incarne le capitaine de police Bezu Fache face à Tom Hanks. Un chiffre qui écrase, sans discussion possible, les deux rôles les plus emblématiques de l’acteur français : le tueur solitaire de Léon et le chevalier balourd des Visiteurs. Passer en revue la carrière de Jean Reno sous l’angle des recettes mondiales réserve justement ce genre de surprise : les films dont on se souvient le plus ne sont pas forcément ceux qui ont fait sonner les caisses des studios.

À retenir

  • Un thriller américain de 2006 dépasse largement les films les plus cultes de Jean Reno
  • Léon et Les Visiteurs, adorés des spectateurs, sont relégués à moins de 100 millions de dollars
  • Les plus grands succès financiers de l’acteur sont tous des blockbusters hollywoodiens en second rôle

Un thriller américain qui écrase toute la concurrence

Adapté du best-seller de Dan Brown et réalisé par Ron Howard, Da Vinci Code a connu un lancement retentissant en mai 2006. Le film a reçu des critiques négatives, mais a été un succès commercial, engrangeant 224 millions de dollars lors de son week-end d’ouverture mondial et un total initial de 760 millions de dollars dans le monde contre un budget de production de 125 millions de dollars. Une performance qui en a fait, cette année-là, l’un des tout premiers films au box-office mondial. D’ailleurs, à l’international, le film a rapporté environ 147 millions de dollars hors des frontières américaines, la plus grosse ouverture internationale jamais enregistrée à l’époque, un record qui donne une idée du raz-de-marée que ce thriller a représenté.

Ce total s’est encore un peu enrichi depuis. Le film cumule aujourd’hui 801,3 millions de dollars de recettes mondiales, toutes exploitations confondues, grâce notamment à une ressortie récente en salles. Jean Reno n’y occupe pas le premier rôle, loin de là, il campe un policier français bourru et obstiné qui traque Robert Langdon à travers Paris. Mais le film reste, et de très loin, le plus gros succès financier auquel l’acteur ait jamais participé.

Pour mesurer l’écart, il suffit de comparer avec ses deux films les plus cultes en France. Léon, sorti en 1994 sous la houlette de Luc Besson, est aujourd’hui considéré comme un classique absolu du cinéma d’action, adoré par des générations entières de spectateurs. Pourtant, sur le plan strictement comptable, ses résultats restent modestes : le film a été un succès commercial, ayant récolté 19,5 millions de dollars aux États-Unis et 45,3 millions de dollars dans le monde. Un score honorable compte tenu de son budget de 16 millions de dollars, mais qui représente à peine 6 % de ce qu’a engrangé Da Vinci Code seize ans plus tard.

Les Visiteurs, énorme succès français mais nain à l’échelle mondiale

Les Visiteurs raconte une autre histoire, celle d’un triomphe purement hexagonal. En 1993, la comédie de Jean-Marie Poiré avec Jean Reno et Christian Clavier a électrisé les salles françaises : le film a rapidement battu des records au box-office français, avec 13 800 000 entrées en salles, devenant l’un des films français les plus rentables de tous les temps. Un score qui en fait encore aujourd’hui l’une des références absolues de la comédie tricolore, cité systématiquement dans les classements des plus gros succès nationaux.

Mais dès qu’on sort des frontières françaises, l’histoire change du tout au tout. Dans le monde, Les Visiteurs a rapporté 98,8 millions de dollars, ce qui en fait le film non anglophone le plus rentable de 1993. Un joli résultat pour un film en français, tourné avec un budget de tournage réduit, mais qui reste sept fois inférieur à ce qu’a rapporté le thriller américain de Ron Howard. La comédie médiévale a conquis le cœur des Français, pas celui de la planète entière, et c’est bien là toute la nuance à comprendre quand on parle de « succès » au cinéma : succès populaire et succès financier mondial ne racontent pas toujours la même histoire.

Godzilla et Mission: Impossible, les vrais rivaux du Da Vinci Code

Si un film peut rivaliser, ne serait-ce qu’un peu, avec Da Vinci Code dans la filmographie de Jean Reno, c’est bien Mission: Impossible, sorti en 1996. Dans ce thriller d’espionnage porté par Tom Cruise, Reno incarne Franz Krieger, un mercenaire aux méthodes expéditives. Le premier film de la franchise a rapporté 457,7 millions de dollars au box-office mondial, un score solide qui reste pourtant très en dessous des 760 millions engrangés dix ans plus tard par le film sur Dan Brown.

Autre production hollywoodienne où Jean Reno a tenu un second rôle marquant : Godzilla, réalisé par Roland Emmerich en 1998. Le film a lui aussi rassemblé les foules, sans pour autant atteindre les sommets espérés par le studio. Le film a grossé 379 millions de dollars dans le monde contre un budget de production compris entre 130 et 150 millions de dollars, devenant le troisième plus gros succès de 1998. Un score honorable, mais qui ne représente là encore que la moitié de ce qu’a rapporté Da Vinci Code.

Le classement révèle ainsi une constante amusante dans la carrière de Jean Reno : ses plus gros cartons financiers sont presque tous des productions américaines où il n’occupe jamais le rôle principal, contrairement à ses films français les plus adorés du public. L’acteur a bâti sa notoriété mondiale sur des seconds rôles solides dans des blockbusters hollywoodiens, tout en gardant, dans le cœur des cinéphiles français, le statut de héros absolu grâce à Léon ou Godefroy de Montmirail. Deux logiques de succès qui, à l’arrivée, ne racontent clairement pas la même échelle de valeurs.

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