Trois lettres suffisent à résumer l’humeur des fans depuis l’annonce : encore. Après avoir déjà été décalé une première fois, Shrek 5 change une nouvelle fois de date et n’arrivera plus en salles avant l’été 2027. Universal et DreamWorks Animation ont repoussé le cinquième film Shrek du 23 décembre 2026 au 30 juin 2027, un deuxième report pour un film initialement prévu pour juillet 2026. Mais au milieu de ce chassé-croisé de calendrier, une chose n’a jamais bougé : le casting original. Et c’est peut-être la vraie information à retenir.
À retenir
- Pourquoi Universal a-t-il choisi l’été 2027 plutôt que décembre 2026 ?
- Quel signal envoie le retour des trois voix originales après 15 ans d’absence ?
- Comment Zendaya rajeunit la saga sans renier son héritage visuel ?
Un troisième report, une stratégie assumée
Remettons les pendules à l’heure. C’est un report de six mois par rapport à la date du 23 décembre 2026 annoncée précédemment, et environ un an par rapport au projet initial de sortie du 1er juillet 2026. Trois dates différentes en moins de deux ans, ça commence à ressembler à une habitude plutôt qu’à un accident de production. Officiellement, le silence règne : DreamWorks et Universal se sont abstenus de partager la raison derrière leur décision de repousser Shrek 5 à sa nouvelle date de sortie de juin 2027.
Mais les journalistes spécialisés n’ont pas eu besoin de communiqué pour comprendre la logique. Le véritable déclencheur du dernier report serait le déplacement d’Avengers: Doomsday de mai à décembre 2026, laissant Shrek 5 seulement cinq jours plus tard dans le même créneau de fêtes, une collision qu’Universal a choisi d’éviter. Face à un géant Marvel, mieux vaut changer de trottoir que de foncer dans le mur. Des médias professionnels dont Deadline ont confirmé qu’Universal a repositionné Shrek 5 à l’été 2027 spécifiquement pour échapper à ce planning de décembre surchargé et reconquérir un créneau dominant au box-office.
Le calcul est limpide quand on regarde l’historique de la franchise. En 2004, Shrek 2 était sorti un mercredi et reste à ce jour le volet le plus performant de la saga au box-office, avec 929 millions de dollars récoltés. L’été, et pas n’importe quel jour de la semaine, ça porte visiblement chance à l’ogre vert. Universal mise sur cette recette qui a fait ses preuves ailleurs : le studio a connu un succès démesuré avec des productions animées comme la franchise Moi, Moche et Méchant, Dragons et The Super Mario Bros. Movie, précisément durant les mois d’été.
Ce qui ne bouge pas : les voix qui ont fait Shrek
Voilà le vrai fil rouge de cette saga de reports : peu importe la date, le studio n’a jamais lâché son trio historique. Mike Myers, Eddie Murphy et Cameron Diaz reviennent dans leurs rôles signature de Shrek, l’Âne et Fiona. Après quinze ans loin des écrans pour le personnage principal, faire revenir les trois voix originales n’était pourtant rien d’acquis. Réunir le trio original n’était jamais garanti, entre plannings, contrats et une franchise qui s’était tue pendant des années, si bien que le retour de Myers, Diaz et Murphy en cabine est le signal le plus clair que DreamWorks veut que Shrek 5 ressemble à une véritable continuation plutôt qu’à un reboot.
Derrière la caméra, même logique de continuité. Walt Dohrn et Conrad Vernon co-réalisent Shrek 5 pour Universal et DreamWorks, tous deux présents dans la franchise depuis ses débuts. Dohrn a grandi avec la saga de l’intérieur : il a rejoint l’équipe en 2004 comme artiste de storyboard et scénariste sur Shrek 2 et Shrek le troisième, et a même prêté sa voix à Rumpelstiltskin dans Shrek 4. Vernon, lui, a co-réalisé Shrek 2 et prête sa voix au Bonhomme de Pain d’Épices depuis le premier film de 2001. Ce n’est pas une équipe fraîchement débarquée qui hérite du dossier, c’est la mémoire même de la franchise.
Une nouvelle génération s’invite dans le marais
Continuité ne veut pas dire immobilisme. Le casting s’enrichit avec une arrivée qui a fait grand bruit : Zendaya a rejoint le casting du film dans le rôle de la fille de Shrek et Fiona. Un choix qui prend tout son sens narratif, puisque son personnage, Felicia, est apparue pour la première fois comme nouveau-née, l’une des triplés dans Shrek le troisième, avant d’être vue enfant dans le téléfilm d’Halloween Scared Shrekless en 2010. la petite fille aperçue dans un épisode spécial est en train de devenir une véritable héroïne, adolescente cette fois. L’annonce du casting pour Fergus et Farkle, les autres enfants du couple, est venue confirmer que Marcello Hernández et Skyler Gisondo prêteraient leur voix aux deux frères.
Ce virage générationnel s’accompagne d’un changement visuel qui n’est pas passé inaperçu. Un premier teaser diffusé en juin 2026 a révélé des designs de personnages modifiés pour paraître plus réalistes, à l’image des précédents films de la saga. Certains observateurs ont jugé ce premier aperçu perfectible, preuve que rajeunir visuellement un univers aussi identifiable que celui de Shrek reste un exercice à haut risque. On peut comprendre l’inquiétude : changer le grain de peau d’un ogre culte, c’est un peu comme repeindre la Joconde en plus lisse.
Un été 2027 déjà bondé
Le nouveau créneau choisi par Universal n’est pas de tout repos non plus. Malgré la volonté de reconquérir un créneau dominant, Shrek 5 ouvrira moins d’une semaine après Spider-Man: Beyond the Spider-Verse de Sony. Un choc frontal entre deux mastodontes de l’animation familiale, à quelques jours d’écart seulement. De son côté, Illumination a dû manœuvrer aussi : Universal a avancé la première du film événement sans titre d’Illumination au 16 avril 2027, au lieu de sa date initiale de fin juin.
L’aventure de l’ogre vert ne s’arrêtera pas là. En marge du cinquième volet, un chapitre inédit se prépare pour un personnage secondaire devenu culte au fil des vingt-cinq dernières années : Eddie Murphy a récemment révélé qu’il commencera le travail de doublage pour l’Âne en septembre, avec une sortie prévue en 2028 pour ce spin-off. Après le marais, l’Âne aura donc bientôt sa propre route à suivre, loin de l’ombre de son meilleur ami vert.
Sources : jeanmarcmorandini.com | europe1.fr