Terminé le jeune prince providentiel qui chevauchait les vers des sables sous les acclamations. Dans Dune : Part Three, attendu le 18 décembre 2026 dans les salles françaises, Timothée Chalamet incarne un Paul Atréides méconnaissable : crâne rasé, regard vide, assis sur un trône qu’il n’arrive plus à quitter. Paul Atreides n’est plus l’outsider fragile pour lequel on avait pris parti dans les deux premiers films. Il siège désormais sur le Trône du Lion d’Or, dirigeant l’univers connu d’une main de fer. Le troisième volet de Denis Villeneuve ne raconte plus une ascension, mais une chute annoncée.
À retenir
- Paul Atréides n’est plus reconnaissable : crâne rasé, regard vide, emprisonné par ses propres visions prophétiques
- L’action se déroule 17 ans après Dune : Part Two, dans un univers ravagé par le Jihad fremen qu’il a déclenché
- Trois factions puissantes complotent contre lui : les Bene Gesserit, la Guilde Spatiale et les Tleilaxu
Dix-sept ans plus tard, l’empire brûle de l’intérieur
Le film adapte Dune Messiah, le roman le plus sombre de Frank Herbert, et prend le parti de bousculer sérieusement la chronologie du livre. Alors que le roman se déroule douze ans après la victoire de Paul, l’adaptation de Villeneuve étire cette période, se situant près de deux décennies après les événements de Dune : Part Two. Le résultat ? Un fossé temporel énorme qui permet de montrer un univers totalement transformé par la guerre sainte que Paul a lui-même déclenchée.
Et cette guerre, elle a fait des ravages. La guerre sainte menée en son nom, le Jihad fremen, a dévasté le cosmos. Devenu la figure de proue à la fois de l’Église et de l’État de son nouvel empire, il détruit quiconque s’oppose à lui. Mais son empire est attaqué à la fois de l’extérieur et de l’intérieur. Trois factions bien connues des lecteurs de la saga complotent dans l’ombre : les Bene Gesserit, la Guilde Spatiale et les mystérieux Tleilaxu, qui visent tous à obtenir un levier sur Paul et à s’emparer du monopole de la production d’épice qu’il contrôle depuis Arrakis.
Le poids du pouvoir se lit littéralement sur le visage de Chalamet. Les premières bandes-annonces de 2026 révèlent un dirigeant endurci et impitoyable, arborant une coupe militaire. Paul se noie dans la culpabilité. Ses visions prophétiques, autrefois un don, agissent désormais comme une prison suffocante. Voir l’avenir signifie que chaque chemin possible mène à davantage de sang versé. C’est cette prison mentale, plus que n’importe quel ennemi extérieur, qui structure tout le récit. Denis Villeneuve lui-même a été très clair sur ses intentions lors d’un événement presse : « Dune Messiah est probablement mon livre préféré de la série. C’est un livre très sombre, un beau livre. » Il est allé plus loin en qualifiant ce troisième volet de « l’un de mes films les plus personnels, sinon le plus personnel ».
Un casting XXL pour orchestrer la conspiration
Le retour des visages familiers de la trilogie était acquis, mais Villeneuve a musclé son casting pour cette conclusion plus politique. On retrouve évidemment Zendaya en Chani, dont la relation avec Paul s’est visiblement dégradée, ainsi que Rebecca Ferguson (Lady Jessica), Javier Bardem (Stilgar), Josh Brolin (Gurney Halleck) et Florence Pugh, qui prend de l’épaisseur dans le rôle de la Princesse Irulan. Josh Brolin est de retour dans le rôle de Gurney Halleck, avec Florence Pugh reprenant celui de la Princesse Irulan, et Anya Taylor-Joy continuant dans le rôle d’Alia Atreides. Jason Momoa fait également son retour en tant que Duncan Idaho, confirmant que son histoire va au-delà de sa mort apparente.
Les vraies nouveautés viennent renforcer le camp des comploteurs. Robert Pattinson rejoint l’aventure dans la peau de Scytale, un insider ayant confirmé qu’il jouerait le rôle de méchant Scytale, tandis qu’Isaach de Bankolé et Charlotte Rampling complètent une distribution qui n’a jamais compté autant de têtes d’affiche. Petit détail amusant : Pattinson a raconté à Deadline s’être laissé porter par la chaleur du désert pendant le tournage, confiant que « c’était tellement chaud dans le désert que je ne pouvais rien remettre en question », ajoutant qu’il n’avait « pas une seule cellule cérébrale fonctionnelle » et se contentait d’écouter les instructions de Denis. Derrière la caméra aussi, du changement : le directeur de la photographie historique de la saga, Greig Fraser, cède sa place à Linus Sandgren, oscarisé pour La La Land.
Un choc frontal avec Avengers : Doomsday
La date du 18 décembre 2026 ne doit rien au hasard côté rivalité. Marvel a positionné Avengers: Doomsday exactement le même jour, provoquant instantanément une bataille de titans surnommée par les internautes. Cette date est un événement en soi : c’est le même jour que Marvel a choisi pour Avengers: Doomsday, créant un véritable choc de titans au box-office. Internet a fait ce qu’internet fait le mieux et a fusionné les deux en « Dunesday », la réponse sci-fi contre super-héros au « Barbenheimer » de 2023. Un pari risqué pour Warner Bros., mais aussi un signal de confiance : le studio mise sur le fait que les publics des deux blockbusters ne se cannibaliseront pas totalement.
Pour Denis Villeneuve, ce sera de toute façon la fin de l’aventure martienne, ou plutôt arrakienne. Dans un entretien accordé à Time Magazine en janvier, le réalisateur avait déclaré que Dune : Part Three serait son dernier film dans l’univers de la saga. Un choix cohérent avec l’intention originelle de Frank Herbert : l’auteur décrivait son livre comme un avertissement délibéré contre le culte du héros, que Villeneuve entend restituer fidèlement à l’écran. ceux qui espéraient un Paul Atréides toujours aussi charismatique et rassembleur risquent d’être déstabilisés, mais c’est précisément le but recherché.
Reste une question que même les prescients ne peuvent trancher à l’avance : ce Paul brisé, aveuglé par ses propres visions, saura-t-il convaincre un public habitué à l’acclamer en héros ? Réponse dans les salles obscures, entre deux batailles de super-héros, ce 18 décembre.
Sources : deadline.com | space.com | centraljersey.com