Deux frères mariés, une flopée d’intrigues secondaires et Benedict qui traînait en fond de plan depuis trois saisons : ça, c’est terminé. La saison 4 de La Chronique des Bridgerton, sortie en deux parties le 29 janvier et le 26 février 2026 sur Netflix, place enfin ce deuxième fils de la fratrie au centre du récit, et le fait avec un conte qui redistribue complètement les cartes émotionnelles de la série.
À retenir
- Pourquoi Benedict passe enfin du second rôle élégant au véritable moteur narratif après trois saisons ?
- Comment l’adaptation de Cendrillon s’entrelace avec un autre conte pour bouleverser la dynamique romantique habituelle ?
- Quel événement sombre en fin de saison 4 redéfinit le ton de toute la franchise pour les saisons à venir ?
Benedict, le frère qu’on avait fini par oublier
Depuis le début du show, Benedict Bridgerton occupait une place à part. Après les saisons consacrées à Daphne, Anthony et Colin, c’est Benedict Bridgerton qui occupe enfin le devant de la scène, ce deuxième fils de la fratrie ayant jusqu’alors flotté en lisière du récit, artiste bohème et séducteur sans attaches, observateur amusé des conventions qu’il feignait de mépriser. Le mec sympa qu’on croise à toutes les fêtes sans jamais vraiment le connaître.
Le personnage change de statut sur Netflix. La saison 4 se concentre sur Benedict, le second fils bohème de la famille Bridgerton, qui refuse de s’installer malgré le mariage heureux de son frère aîné et de son frère cadet, jusqu’à ce qu’il rencontre une femme fascinante lors du bal masqué de sa mère. Luke Thompson, qui l’incarne depuis 2020, passe ainsi du rôle de second couteau élégant à celui de véritable moteur narratif. Un virage salué par la critique : cette quatrième saison est probablement la plus aboutie à ce jour, Luke Thompson révélant enfin l’étoffe d’un rôle longtemps cantonné au faire-valoir.
Un conte de fées qui n’a rien d’anodin
Le choix du matériau d’origine change tout. La saison adapte le troisième roman de Julia Quinn, An Offer from a Gentleman, publié en 2001, une relecture assumée de Cendrillon. Il s’agit essentiellement d’une histoire de Cendrillon avec une touche légèrement salace : après avoir rencontré et être rapidement tombé amoureux d’une jeune femme en argent lors d’un bal masqué, Benedict part à sa recherche. Le glissement du gant à la place de la pantoufle de vair n’est pas un simple clin d’œil : la première partie de la saison est davantage consacrée à cette relecture, puisque Benedict cherche la mystérieuse jeune femme du bal, qui lui a laissé non pas une pantoufle de vair, mais un gant.
Là où ça devient intéressant, c’est que le récit ne s’arrête pas à Cendrillon. La série emprunte aussi à un autre conte, avec un twist digne d’une série de manoir britannique. Benedict retrouve Sophie sans la reconnaître dans un contexte hiérarchique directement lié à son travail et, s’inspirant de Downton Abbey, la série glisse de Cendrillon vers La Petite Sirène, où Benedict cherche toujours sa mystérieuse inconnue alors qu’elle se trouve juste sous son nez, ignorant les conseils de sa gouvernante sur les inégalités de pouvoir dans les relations de travail. Résultat : une romance qui ne se contente plus du frisson du bal masqué, mais qui s’attaque frontalement à la question des classes sociales, un terrain que la série n’avait jamais vraiment osé creuser jusqu’ici.
Cette tension prend une tournure très concrète dans la première partie. En plaçant une servante au cœur du récit, la saison 4 met en lumière la lutte des classes avec une intensité nouvelle, et là où les saisons précédentes se concluaient sur des demandes en mariage passionnées, Benedict propose ici à Sophie de devenir sa maîtresse. Un moment de gêne assumée, presque un désaveu du romantisme facile des saisons précédentes. Le happy end finit tout de même par arriver : après moult mésaventures, la bénédiction inattendue de la reine Charlotte permet au couple d’afficher enfin sa relation au grand jour, et une scène post-générique du dernier épisode montre carrément leur mariage.
Sophie Baek, un nom qui pèse plus qu’il n’y paraît
Le personnage féminin central a lui aussi changé de visage, et pas seulement à l’écran. Dans les romans, elle s’appelle Sophie Beckett ; à l’écran, elle devient Sophie Baek, incarnée par Yerin Ha. Connue sous le nom de Sophie Beckett dans le roman de Quinn, le personnage porte un nom de famille coréen, Baek, dans la série télévisée, un changement effectué par respect pour la culture de l’actrice. L’actrice elle-même a insisté sur la portée symbolique de ce choix, expliquant à Netflix que porter un nom à son image est une forme d’émancipation.
L’histoire de son personnage reste fidèle à l’esprit du conte original tout en l’ancrant dans un contexte plus dur. Elle est la fille illégitime d’un comte ainsi qu’une servante très surmenée dans la maison de sa belle-mère Araminta. Cette Araminta, la marâtre du conte, est jouée par Katie Leung, connue pour son rôle de Cho Chang dans la saga Harry Potter, tandis que ses filles Rosamund et Posy complètent ce triangle familial toxique version Régence.
Ce que ce virage prépare pour la suite
Ce recentrage sur Benedict n’est pas un simple épisode de plus dans le calendrier Netflix, il marque une étape structurelle pour toute la franchise. La quatrième saison marque le point médian de l’adaptation télévisée de Bridgerton par Netflix, la série étant vouée à adapter les huit romans de Julia Quinn, et le renouvellement pour les saisons 5 et 6 ayant déjà été annoncé. la série vient de tourner une page, celle des trois premiers frères, pour entamer une seconde moitié où Eloise, Francesca et Benedict occupent déjà le devant de la scène, avec Gregory et Hyacinth encore en réserve.
Le twist final de la saison 4 pèsera sans doute sur ce qui suit. La seconde partie prend un tournant plus sombre avec le décès brutal de l’un des personnages principaux, un événement qui confronte les protagonistes au deuil et confère une gravité nouvelle à l’ensemble. Difficile d’en dire plus sans gâcher la surprise, mais ce choix scénaristique confirme une chose : Shondaland ne compte plus se contenter de bals et de robes chatoyantes pour faire durer le succès de la franchise sur Netflix.
Sources : jolie-bobine.fr | movierama.fr