Si vous pensiez que Pixar ou Disney dominaient l’animation au box-office, ce n’est pas la bonne franchise : voici celle qui écrase tout depuis 2010

Non, ce n’est ni La Reine des neiges, ni Toy Story, ni même un Pixar. La franchise qui écrase littéralement le box-office de l’animation depuis 2010, c’est celle de Gru et de ses créatures jaunes en salopette : Moi, moche et méchant et ses Minions. Elle est devenue la première franchise animée à franchir la barre des 5 milliards de dollars, et reste la plus grosse franchise animée de tous les temps au niveau mondial. Et depuis, l’écart n’a fait que se creuser.

À retenir

  • Une franchise animée a dépassé Avatar et Transformers au box-office mondial
  • Le studio Illumination a généré 11 milliards de dollars en seize ans seulement
  • Le phénomène ralentit légèrement, mais la machine à billets continue de tourner

Un empire à 5,5 milliards de dollars qui dépasse Avatar et Transformers

Le chiffre a de quoi donner le vertige. La sortie de Despicable Me 4 a poussé le total cumulé de la franchise à 5,3 milliards de dollars, dépassant Transformers (5,295 milliards) et les films Avatar (5,268 milliards). Quelques semaines plus tard, le compteur continuait de tourner : la franchise a dépassé les 5,5 milliards de dollars dans le monde, portée par la longévité inattendue du quatrième volet en salles.

Pour se rendre compte de l’ampleur de la chose, il suffit de comparer avec les poursuivants. Shrek arrive en deuxième position, avec un écart de 1,5 milliard de dollars qui semble difficile à combler même avec un cinquième volet prévu, tandis que Toy Story occupe la troisième place, avec plus de 2 milliards d’écart. même les mastodontes de Pixar et DreamWorks jouent dans une autre catégorie financière.

Ce qui frappe surtout, c’est la vitesse à laquelle cette hégémonie s’est construite. Quand on considère depuis combien de temps certaines de ces franchises existent, la domination de Despicable Me devient encore plus impressionnante, puisqu’il ne s’est écoulé que 14 ans depuis la sortie du premier volet. Quatorze ans pour écraser des sagas qui cumulent parfois vingt ou trente ans d’existence, ce n’est pas rien.

Comment Illumination a construit sa machine à billets

Derrière cette réussite, un studio bien moins glamour que Pixar dans l’imaginaire collectif : Illumination, dirigé par Chris Meledandri. Les Minions sont produits par l’Américain Christopher Meledandri, à la tête du studio Illumination, bien moins connu du grand public que Pixar et Dreamworks. Mais au box-office, la donne est tout autre. Illumination y est parvenu à concurrencer ces géants, avec outre Les Minions, les succès de Comme des Bêtes et Tous en scène, mais sans obtenir le même prestige ni la même reconnaissance.

Un mot résume bien la philosophie du studio, glissé par le réalisateur Kyle Balda à propos du dernier volet : « L’essentiel dans ces films, c’est juste d’être stupide et de s’amuser ». Pas de prétention artistique démesurée, pas de moraline appuyée. Juste des gags qui fonctionnent, encore et encore. Et ça paie : à l’échelle du studio tout entier, depuis la première sortie d’Illumination en 2010 avec Despicable Me, le studio d’animation a généré plus de 11 milliards de dollars de recettes mondiales. Onze milliards, rien que pour un studio qui n’existait pas avant cette date.

La cadence de sortie a aussi joué un rôle décisif. Pendant sept des quatorze dernières années, Illumination a placé l’un de ses films d’animation phares sur ou juste après le week-end du 4 juillet, un créneau stratégique longtemps considéré comme un territoire réservé aux blockbusters familiaux traditionnels. Le studio a également diversifié son catalogue avec Comme des bêtes, et surtout avec l’adaptation de Super Mario Bros., devenue elle aussi un phénomène planétaire.

2026, l’année où la machine ralentit (un peu)

Reste que même les empires les plus solides connaissent des accalmies. Le dernier volet en date, Minions & Monsters, sorti en 2026, n’a pas répété les scores stratosphériques des épisodes précédents. Universal découvre qu’une franchise bâtie sur l’excès peut aussi connaître un petit coup de mou sans basculer dans la panne sèche, et depuis 2010 et Despicable Me, Illumination a transformé ces petites créatures jaunes en machine à billets quasi industrielle. Le studio a enchaîné sept films en seize ans, et Minions: The Rise of Gru avait signé en 2022 le plus gros démarrage jamais vu pour un week-end du 4 juillet, mais ce nouveau long métrage n’a ouvert qu’à 36,4 millions de dollars sur le week-end américain.

Un ralentissement relatif, pas un effondrement. D’ailleurs, l’analyse la plus lucide vient peut-être de cette formule : le problème n’est pas que les Minions soient devenus moins rentables, c’est qu’ils ont peut-être cessé d’être une surprise. Le public reste au rendez-vous, mais l’effet « événement » s’estompe forcément quand on multiplie les épisodes à ce rythme.

Ce qui n’empêche pas la franchise de continuer à tracer sa route. Minions 3 est déjà annoncé pour le 30 juin 2027, réalisé par Pierre Coffin, celui-là même qui prête sa voix aux petites créatures jaunes depuis leurs débuts. Et selon plusieurs rapports d’industrie, un cinquième volet de Despicable Me serait déjà en développement depuis début 2026, même sans annonce officielle du studio.

Un détail mérite d’être souligné, et il en dit long sur la solidité de la franchise : elle ne carbure plus seulement aux salles obscures. Près de 60 % des revenus de la franchise proviennent désormais des marchés internationaux, en particulier la Chine, l’Europe et l’Amérique latine. Mieux encore, le film original de 2010 est devenu le film le plus regardé sur Netflix pendant plusieurs mois en 2026, alors qu’il a plus de dix ans. Quinze ans après leur premier cri de « banana ! », les Minions n’ont visiblement toujours pas fini de faire recette, sur grand écran comme sur le canapé.

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