Tom Selleck devait être Indiana Jones : quarante ans après, la raison pour laquelle il a dû dire non à Spielberg refait surface

Quarante-cinq ans après la sortie des Aventuriers de l’arche perdue, l’histoire refait surface avec des détails inédits : Tom Selleck n’a jamais refusé le rôle d’Indiana Jones. Il l’a obtenu, l’a perdu, et c’est un contrat de télévision signé quelques semaines plus tôt qui a scellé son destin. Steven Spielberg lui-même vient de raconter les coulisses de ce psychodrame hollywoodien, et le récit change pas mal la version qu’on croyait connaître.

À retenir

  • Spielberg et Lucas avaient choisi Tom Selleck pour incarner Indiana Jones après une audition jugée excellente
  • Un contrat avec CBS pour Magnum, P.I. a bloqué toute possibilité de cumul entre les deux productions
  • Cette chaîne de malchances a mené à la découverte de Harrison Ford, transformant à jamais l’histoire du cinéma

Le jour où Spielberg et Lucas ont choisi Selleck

Avant de devenir Indy, le personnage a fait défiler une brochette d’acteurs dans un petit bureau de Los Angeles, en face des studios Universal. Spielberg a rappelé que lui et George Lucas avaient déjà interviewé et testé de nombreux acteurs pour incarner Indiana Jones et Marion Ravenwood. Parmi eux, un certain Tom Selleck, alors quasi inconnu du grand public. Le verdict tombe vite, et il est sans appel.

« Nous avons tous les deux découvert et décidé que Tom Selleck devrait jouer Indiana Jones », a raconté Spielberg, ajoutant : « Il est venu et a lu pour le rôle. Il était bon. » Le réalisateur ne tarit pas d’éloges sur l’essai filmé de l’acteur, qu’il qualifie d’excellent. Détail amusant révélé plus tard : Selleck a passé son audition face à Sean Young, et non Karen Allen, qui décrochera finalement le rôle de Marion Ravenwood. Le rôle lui est officiellement attribué. À ce moment-là, personne ne sait encore qu’un obstacle de taille va tout faire capoter.

Magnum, le contrat qui a tout changé

Le problème ne vient ni de Selleck ni de son envie de jouer les archéologues à fouet. Spielberg et le scénariste George Lucas ignoraient à l’époque que Selleck était encore contractuellement lié à CBS, la chaîne derrière Magnum, P.I., qui avait débuté en décembre 1980 et allait durer huit saisons jusqu’en 1988. L’acteur venait tout juste de tourner le pilote de la série, sans savoir si elle serait commandée. Un pari sur l’avenir qui allait lui coûter cher.

Dès que CBS a eu vent de l’intérêt de Spielberg pour son poulain, la chaîne a accéléré les choses. Selleck, enthousiaste à l’idée de tourner Indiana Jones, a finalement dû renoncer parce que sa série policière avait déjà été commandée par CBS et s’apprêtait à démarrer le tournage, la chaîne mettant immédiatement Magnum, P.I. en production dès qu’elle a appris que le studio le voulait pour Indiana Jones. Spielberg et Lucas ont pourtant tout tenté pour arranger le coup. Selleck se souvient : « Ils ont dit : ‘On va s’arranger et tu pourras faire les deux.’ Et plus ils me voulaient, plus CBS disait : ‘Non, on ne veut pas le laisser faire.’ »

L’offre est restée sur la table plus d’un mois, le temps que CBS tranche. Spielberg et Lucas ont maintenu leur proposition à Selleck pendant plus d’un mois en attendant la décision de CBS, mais la chaîne a finalement choisi de lancer Magnum, son pilote le mieux noté aux tests, et a refusé de décaler le tournage pour laisser Selleck tourner Raiders en premier, craignant même qu’il ne devienne trop célèbre grâce au film pour vouloir ensuite abandonner la série. Le comble ? Le tournage de Magnum a finalement été repoussé à cause d’une grève des acteurs en 1980, ce qui signifie qu’un simple délai supplémentaire aurait peut-être suffi à changer toute l’histoire du cinéma d’aventure.

Comment Harrison Ford est entré en scène

Privés de leur héros à quelques mois du tournage, Spielberg et Lucas repartent de zéro. La solution surgit presque par hasard, lors d’une projection privée d’un tout autre film. Spielberg s’est rendu à une avant-première privée de L’Empire contre-attaque, où il a repéré l’homme destiné à porter le fedora, expliquant : « J’ai pris George à part et je lui ai dit : ‘George, et si le type qui joue Han Solo jouait Indiana Jones ?’ Et George m’a regardé bizarrement en disant : ‘Mais c’est Han Solo.’ » Lucas hésite : mélanger les deux franchises via un même visage n’a rien d’évident en 1980. Lucas a fini par envoyer le scénario à Harrison Ford, qui l’a lu et a voulu le faire immédiatement.

Ford lui-même a confirmé cette version des faits à plusieurs reprises. « Il n’a pas pu se sortir de ce contrat », a-t-il expliqué au festival de Taormina en évoquant Selleck, ajoutant : « Je suis devenu le second choix et je suis très reconnaissant envers Tom. » Une élégance qui contraste avec le côté cruel de l’anecdote : un acteur perd le rôle de sa vie à cause d’un pilote de série qu’il ne savait même pas encore validé.

Sans regret, mais avec une moustache en travers du chemin

Reste un détail savoureux, glissé par Spielberg lui-même sur le podcast IMO de Michelle Obama : même si Selleck avait pu jongler entre les deux tournages, il aurait dû sacrifier sa moustache emblématique, celle qui fera plus tard sa marque de fabrique sur Magnum. Le réalisateur a plaisanté en disant que si les films avaient connu un tel succès, l’acteur aurait peut-être fini par obtenir gain de cause.

Selleck, de son côté, a transformé la déception en carburant. « Je n’ai pas de cicatrices », confie-t-il en évoquant cet épisode, expliquant que le fait que Spielberg et Lucas aient cru en lui au point de maintenir leur offre plus d’un mois lui a donné une confiance décisive pour incarner ensuite des rôles iconiques. Magnum lui a valu un Emmy et l’un des final les plus regardés de l’histoire de la télévision américaine, tandis qu’Indiana Jones devenait, film après film, l’un des personnages les plus rentables du box-office mondial. Deux trajectoires parallèles, nées du même contrat signé un peu trop tôt.

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