« Je pensais que c’était juste un nouveau Souls » : pourquoi les premiers joueurs de The Duskbloods sur Switch 2 parlent d’une rupture totale avec la formule FromSoftware

« Je pensais que c’était juste un nouveau Souls. » Cette phrase, on la retrouve presque mot pour mot sur les forums et réseaux sociaux dédiés à FromSoftware depuis l’annonce de The Duskbloods. Le trailer de révélation, avec ses cathédrales gothiques et son atmosphère à la Bloodborne, avait fait naître l’espoir d’un successeur spirituel au jeu culte de 2015. Puis FromSoftware a précisé les choses : ce sera un jeu multijoueur PvPvE pour huit joueurs, exclusif à la Switch 2. La déception a été immédiate et massive chez une partie de la communauté.

À retenir

  • Le trailer promettait un jeu gothique à la Bloodborne, mais la structure multijoueur 8 joueurs change radicalement l’expérience
  • Le système de sang remplace les mécaniques classiques d’équipement, transformant le titre en extraction shooter plutôt qu’en Souls
  • Miyazaki tente de rassurer sur l’avenir du solo, mais le test réseau d’août sera décisif pour convaincre les sceptiques

Un malentendu né d’un trailer trop beau pour être vrai

Le problème vient d’abord des images. Un homme aux cheveux argentés qui domine une ville, une femme en kimono, des ruelles victoriennes plongées dans le brouillard : tout dans l’esthétique de The Duskbloods rappelle Yharnam, la ville maudite de Bloodborne. Les trailers montrent un jeu au moins partiellement situé dans un royaume gothique fantastique qui ressemble étrangement à Yharnham, avec des cités européennes gothiques, des ruines désertées et des châteaux médiévaux. De quoi alimenter tous les fantasmes de « Bloodborne 2 », un jeu que les fans réclament depuis près d’une décennie.

Mais la structure du jeu n’a rien à voir avec un Souls classique. Les matchs en ligne supportent jusqu’à huit joueurs et combinent combat joueur contre joueur (PvP) et joueur contre environnement (PvE). Une déclaration qui a immédiatement douché l’enthousiasme initial : sur Reddit, presque chaque fan de FromSoftware a eu exactement la même réaction en apprenant la nouvelle, l’excitation autour de ce que beaucoup appelaient Bloodborne 2 se dissolvant en déception et inquiétude. Le sentiment est renforcé par le fait qu’il s’agit du deuxième jeu multijoueur du studio coup sur coup, après Elden Ring Nightreign.

Une mécanique qui tourne le dos à la formule Souls

Concrètement, à quoi ressemble ce fameux « changement radical » ? Les joueurs incarnent des Bloodsworn, des êtres dotés de pouvoirs surnaturels grâce au sang, et s’affrontent dans des arènes où ils accomplissent des événements à travers les cartes, comme vaincre de puissants boss ou compléter d’autres quêtes, pour gagner des Points de Victoire qui déterminent le vainqueur, dans une construction presque similaire à un Battle Royale, une rupture nette avec l’expérience Souls traditionnelle. Fini l’exploration solitaire et contemplative façon Elden Ring : place à des matchs chronométrés où huit joueurs se croisent, s’allient temporairement, puis se trahissent.

Le système de sang, justement, remplace les mécaniques d’équipement classiques. Les armes disposent de plusieurs formes activables selon le type de sang récolté sur les ennemis ou les autres joueurs, modifiant vitesse, portée et dégâts en combat. Une couche stratégique supplémentaire qui rapproche davantage le jeu d’un extraction shooter ou d’un battle royale à la Fortnite que d’un Dark Souls traditionnel. D’ailleurs, certains observateurs assimilent carrément le titre à un croisement entre les deux genres : dans le cas de The Duskbloods, le PvPvE est un style de jeu qui s’applique principalement à deux grands genres, le battle royale et l’extraction, et à moins d’une forte expérimentation, le jeu tombera probablement dans l’un des deux.

Miyazaki tente de rassurer, sans convaincre tout le monde

Face à la vague de scepticisme, Hidetaka Miyazaki lui-même est monté au créneau lors des interviews accompagnant la révélation. Le message est clair : ce virage multijoueur ne signe pas l’abandon du solo. Le réalisateur a précisé que cette série de deux jeux « ne signifie pas que [FromSoftware] en tant qu’entreprise ait décidé de s’orienter vers une direction davantage centrée sur le multijoueur » et que le studio « a toujours l’intention de développer activement des jeux centrés sur le solo ». Une déclaration destinée à calmer les inquiétudes, mais qui n’a pas totalement suffi.

Certains créateurs du milieu vidéoludique ont exprimé leur lassitude face à cette tendance. Dave Oshry, cofondateur du studio New Blood Interactive, s’est notamment agacé de la mode des extractions shooters façon Escape from Tarkov, estimant sur un podcast que « Tarkov a fait des dégâts irréparables à l’industrie du jeu vidéo, parce que tout doit devenir, comment ils appellent ça, un extraction shooter ? » Une critique qui reflète un malaise plus large : celui de voir des studios auteurs pousser vers des formats compétitifs et rentables, quitte à délaisser temporairement ce qui a fait leur réputation.

Le vrai test arrive cet été, et il sera surveillé de près

Pour l’instant, personne n’a réellement mis les mains sur le jeu. Toutes ces réactions, positives comme négatives, reposent sur des trailers et des interviews, pas sur du gameplay filmé en conditions réelles. Cela va changer très bientôt : FromSoftware organisera un test réseau fermé pour The Duskbloods du 21 au 23 août, les inscriptions étant disponibles à partir du 22 juillet. Concrètement, les joueurs sélectionnés devront posséder une Switch 2 et un abonnement Nintendo Switch Online actif pour espérer y participer.

Ce test sera déterminant pour l’avenir du titre. Il permettra enfin de vérifier si la fameuse « impression de rupture » évoquée depuis des mois par les fans se confirme manette en main, ou si le liant FromSoftware (level design retors, boss mémorables, ambiance oppressante) parvient à faire passer la pilule multijoueur. D’ici là, une chose est sûre : le studio a choisi de garder le silence sur les captures d’écran du test, allant jusqu’à désactiver le bouton de capture de la Switch 2 pendant les sessions, un signe supplémentaire de la tension qui entoure ce pari inédit pour la marque.

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