Depuis six ans, des millions de téléspectateurs suivent chaque soir les intrigues amoureuses et les rivalités culinaires d' »Ici tout commence » sans jamais se douter que le prestigieux institut Auguste Armand existe réellement, quelque part entre étangs et marais salants. Le château de Calvières, à Saint-Laurent d’Aigouze dans le Gard, est retenu comme décor pour l’école de gastronomie, au cœur de l’intrigue. Un bâtiment bien réel, mais méconnu du grand public malgré une exposition télévisuelle quotidienne depuis 2020.
À retenir
- Un château médiéval gardois apparaît quotidiennement à des millions de téléspectateurs depuis six ans sans être reconnu
- Six mois de travaux ont créé un campus gastronomique fonctionnel où 200 personnes travaillent quotidiennement
- Un village de Camargue vit au rythme du tournage, deux mois d’avance sur le reste de la France
Un château du XIIe siècle transformé en campus gastronomique
Oubliez les studios parisiens et les décors en carton-pâte. Pour le décor principal de l’institut Auguste Armand, c’est un lieu d’exception qui a été investi par les équipes de production : le château de Calvières, situé au cœur de la commune de Saint-Laurent-d’Aigouze en petite Camargue gardoise, dont les bâtiments les plus anciens remontent au XIIe siècle. Une bâtisse chargée d’histoire, donc, bien loin de l’esthétique aseptisée qu’on pourrait imaginer pour une fiction TF1.
La production n’a pas fait les choses à moitié. Six mois de travaux ont été nécessaires pour construire une cuisine professionnelle, un restaurant d’application, des appartements pour certains des protagonistes, les chambres des élèves, ou encore des bureaux. En outre, le domaine dispose d’une cour, d’une piscine extérieure et d’un parc de quatre hectares comprenant un amphithéâtre, des aménagements sportifs et un potager. Résultat ? Un campus grandeur nature où évoluent vraiment les comédiens, et non des acteurs qui jouent devant un fond vert. C’est d’ailleurs ce réalisme qui donne à la série cette texture particulière, cette lumière du Sud qu’aucun studio ne saurait reproduire artificiellement.
Le domaine, classé monument historique depuis 2001, appartenait auparavant à une activité bien plus paisible. Le château de Calvières accueillait auparavant des réceptions et des mariages avant que TF1 et la production n’y installent leurs caméras pour donner vie à l’institut Auguste Armand. Une reconversion express, en somme, d’un lieu de cérémonies familiales devenu décor de série à succès.
Saint-Laurent-d’Aigouze, le village qui vit sous les projecteurs sans le montrer
Le nom « Calvières » que les fans associent à la fiction n’existe sur aucune carte de France. Ce village gardois d’à peine 3 600 âmes se trouve en Petite Camargue. Zones humides, étangs, lumière du sud : le cadre colle parfaitement à l’univers de la série. Un choix de décor qui n’a rien d’anodin, tant la Camargue impose son atmosphère si particulière à l’écran, entre calme apparent et intensité dramatique des scénarios.
Le tournage a bouleversé le quotidien de ce petit bourg discret. L’arrivée des caméras a quelque peu chamboulé ce village discret : chaque jour, une centaine de curieux arpentent le centre-ville, et les commerces locaux vivent au rythme du tournage. Une petite économie touristique parallèle s’est ainsi installée, portée par des fans venus parfois de très loin pour apercevoir, ne serait-ce que de loin, les grilles du fameux institut.
Sur place, l’ampleur logistique surprend. Inscrit aux monuments historiques depuis 2001, le domaine s’étend sur un parc arboré de près de 4 hectares, où environ 200 personnes, acteurs et techniciens confondus, travaillent au quotidien toute l’année. Autant dire une véritable petite entreprise installée à demeure, avec ses horaires, ses équipes techniques et son rythme de tournage soutenu.
Peut-on entrer dans l’institut Auguste Armand ?
La question revient sans cesse chez les fans les plus déterminés. La réponse est sans appel : non, l’intérieur du château et son parc sont fermés au public, il s’agit d’une propriété privée abritant un plateau de tournage actif. Le rêve de déjeuner dans le restaurant d’application ou de flâner dans le fameux amphithéâtre reste donc réservé aux acteurs de la série.
Il existe malgré tout une alternative pour les curieux. L’office de tourisme d’Aigues-Mortes propose des visites guidées théâtralisées d’1 h 30 à 14 € pour découvrir les extérieurs du domaine et les coulisses de la série. Une manière encadrée de s’approcher du décor sans perturber le tournage, ni risquer d’apparaître malgré soi dans un épisode.
Une brèche existe toutefois une fois par an. Si l’accès à l’intérieur n’est généralement pas possible pour le public, l’opportunité de découvrir ce lieu emblématique s’offre néanmoins lors des Journées Européennes du Patrimoine. Un rendez-vous à cocher dans l’agenda pour quiconque rêve de fouler, l’espace d’une journée, les mêmes couloirs que Francis Huster ou ses partenaires de jeu.
Quand l’institut voyage hors de la Camargue
Le décor gardois reste la base quasi exclusive de la production, mais pas totalement figée. Environ 80 % des séquences y sont filmées, le reste correspondant parfois à des délocalisations ponctuelles, comme un épisode tourné en Savoie pour une intrigue spécifique nécessitant un décor différent du cadre camarguais habituel. Une manière pour les scénaristes de sortir leurs personnages de leur bulle habituelle, le temps de quelques épisodes spéciaux.
La série s’est même aventurée bien plus loin que la Savoie. Les élèves de l’Institut Auguste Armand ont quitté, pour quelque temps seulement, le château de Calvières pour l’Ille-et-Vilaine, Saint-Malo et Dinard, le temps d’un tournage d’une quinzaine de jours entre le 11 et le 23 mars. Une escapade bretonne qualifiée par la production elle-même d’inédite, et qui a nécessité un casting de figurants sur place, preuve que ces délocalisations restent des opérations exceptionnelles montées de toutes pièces.
Reste un détail que peu de spectateurs connaissent : le décalage entre ce que vit le village au quotidien et ce que découvre l’audience chaque soir. Les scènes tournées à Saint-Laurent-d’Aigouze n’arrivent sur les écrans de TF1 que deux mois plus tard, ce qui signifie que les habitants croisent les acteurs, connaissent déjà les rebondissements à venir et gardent le silence, patients, en attendant que le reste de la France les rattrape.
Sources : ici-tout-commence.fr | ici-tout-commence.fr