Condamné pour le meurtre de son fils, il le voit vivant sur une photo : « Sur tes traces » cartonne sur Netflix

Un père innocent purge une peine de perpétuité pour avoir tué son propre fils. Cinq ans plus tard, on lui montre une photo : l’enfant supposé mort ressemble étrangement à un garçon bien vivant. C’est le point de départ de Sur tes traces, la nouvelle adaptation Netflix d’un roman de Harlan Coben, qui explose tous les compteurs depuis sa mise en ligne le 18 juin 2026.

Le pitch tient en une phrase, mais il suffit à faire basculer une vie. David purge une peine de prison à perpétuité après avoir été reconnu coupable du meurtre de son fils Matthew. Cinq ans plus tard, son ancienne belle-sœur Rachel Mills, jouée par Britt Lower, lui montre une photo d’un enfant qui ressemble fortement au garçon disparu. À partir de ce cliché, plus rien ne tient debout. Condamné sur la base d’une théorie voulant qu’il ait agi pendant une crise de terreur nocturne, David est un homme brisé, abandonné de tous et hanté par le deuil. Sam Worthington, retrouvé ici loin de Pandora et des Avatar, campe ce père rongé de l’intérieur avec une sobriété qui tranche avec l’hystérie habituelle du genre.

À retenir

  • Un secret photographique déclenche une évasion spectaculaire et une course contre la montre sans merci
  • Les chiffres d’audience dépassent déjà les plus grands succès Netflix, mais les critiques restent divisées
  • Sam Worthington livre une performance sobre et déchirante dans le rôle d’un père brisé

Une intrigue à tiroirs qui pousse à l’évasion

Le twist de la photo lance une mécanique bien connue des lecteurs de Coben : plus rien n’est ce qu’il paraît. Dès lors, l’énigme policière se transforme en une course contre la montre effrénée. Convaincu qu’une terrible machination est à l’œuvre, David s’évade de sa pénitencier pour entamer une traque impitoyable afin de retrouver son fils et de punir les coupables. Autour de lui, un casting solide vient étoffer chaque camp de l’affaire : Logan Browning incarne Sarah Greer, agente du FBI chargée de retrouver David après son évasion, et Chi McBride joue Max Williams, son partenaire et vétéran de la Fugitive Task Force de Boston. Milo Ventimiglia, lui, change de registre après This Is Us : il joue Hayden Payne, l’ex-petit ami de Rachel, issu d’une famille fortunée de Boston qui dirige des activités philanthropiques et accepte d’aider Rachel, même si cette proximité l’expose aux autorités.

Détail qui change tout pour la franchise Coben-Netflix : cette fois, l’histoire se déroule entièrement sur le sol américain. Douze adaptations avaient précédé Sur tes traces, souvent tournées en France ou en Europe avec une esthétique feutrée à l’anglaise. Ici, le décor change de nature, prison du Maine, task force du FBI de Boston, argent sale des grandes familles, et la tonalité se durcit en conséquence. Le tournage, lui, s’est déroulé du côté de Kingston et Toronto, avec des scènes complémentaires à New York, comme un clin d’œil ironique : recréer l’Amérique… juste à côté, au Canada.

Un carton d’audience qui frôle l’histoire de Netflix

Les chiffres, eux, ne mentent pas. Dès sa première semaine, la mini-série a créé la surprise : « Sur tes traces » a réalisé le meilleur démarrage pour une nouvelle série sur la plateforme en 2026, avec pas moins de 24 millions de vues en seulement quatre jours de disponibilité. Un score suffisant pour la propulser numéro un dans des dizaines de pays, avant même le bouche-à-oreille du week-end.

La suite a confirmé l’ampleur du phénomène. Onze jours après sa sortie, Sur tes traces cumule désormais plus de 58,1 millions de visionnages « complets », avec 34,1 millions de vues supplémentaires durant sa deuxième semaine. De quoi dépasser largement His & Hers, le précédent gros succès thriller de la plateforme cette année. Et la dynamique ne s’est pas essoufflée : au bout de dix-huit jours, le thriller de Harlan Coben porté par Sam Worthington a franchi la barre des 74 millions de vues sur Netflix, s’approchant désormais du Top 10 historique des séries anglophones de la plateforme. Autant dire que la série a de bonnes chances de rejoindre un club très fermé, celui des dix fictions en anglais les plus regardées de toute l’histoire du service, aux côtés de monstres sacrés comme Bridgerton ou Le Jeu de la dame.

Sur la durée, la série a tenu bien plus qu’un simple effet de nouveauté. Sortie le 18 juin, la série est restée numéro un pendant trois semaines consécutives et a dominé le classement dans quelque 80 pays. Un tel maintien en tête, semaine après semaine, dans autant de territoires différents, ce n’est pas si fréquent, même pour une franchise aussi rodée que celle de Coben chez Netflix. La précédente adaptation en date, Ne t’enfuis plus, était pourtant restée quatre semaines dans le classement mondial avec 38 millions de vues cumulées, un score que Sur tes traces a pulvérisé en quelques jours à peine.

Que valent vraiment les huit épisodes ?

Côté critique, l’accueil est plus mitigé, sans surprise pour qui connaît le genre. La presse anglophone s’est montrée partagée, entre ceux qui saluent l’efficacité du récit et ceux qui pointent ses ficelles trop grosses. Le magazine Variety a par exemple salué « un récit captivant et immersif qui explore les profondeurs de l’amour parental, l’angoisse de la perte et les extrêmes auxquels les gens sont prêts à aller », quand The Guardian s’est montré plus taquin, évoquant « un thriller à la Coben typique de chez typique ». Sur l’agrégateur des critiques, la série culmine à une moyenne de 58/100, dans la continuité des créations Netflix tirées des livres d’Harlan Coben.

Le public, lui, semble s’en moquer complètement, et c’est peut-être là le vrai enseignement de ce carton. Sur AlloCiné, presse et spectateurs affichent d’ailleurs une bonne moyenne de 3,8 sur 5, loin des éreintements vus ailleurs. Un contraste saisissant, presque devenu la signature de cette franchise : les critiques grincent, les audiences explosent. Reste une question qui agite déjà les fans : Coben a écrit près de quarante romans, et son contrat d’exclusivité avec Netflix n’est visiblement pas près de s’arrêter. Difficile d’imaginer la plateforme laisser filer une machine à succès aussi rodée.

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