Evil Dead Burn : le Français Sébastien Vaniček relance la saga culte de l’horreur, et c’est un déluge de gore

Un cinéaste français aux commandes d’un monstre sacré de l’horreur américaine, et le résultat ne fait pas semblant : Evil Dead Burn est bien le sixième chapitre le plus sanglant de toute la saga. Sébastien Vaniček, révélé en 2023 avec Vermines, a pris la suite de Sam Raimi pour signer une relecture aussi viscérale que clivante, sortie en France le 8 juillet 2026 avant de débarquer aux États-Unis deux jours plus tard.

À retenir

  • Un réalisateur français choisi par Sam Raimi pour relancer une saga américaine culte : quel pari osé
  • L’héroïne ne manie jamais de tronçonneuse : une rupture symbolique radicale avec l’iconographie de la franchise
  • Des scènes d’une violence déroutante qui ont divisé la critique : 71% positif sur Rotten Tomatoes, mais un sous-texte sur les violences conjugales qui fait débat

Un Français propulsé aux commandes d’une saga culte

Tout commence en février 2024. Deadline annonce que Sébastien Vaniček a été choisi par Sam Raimi et Rob Tapert pour écrire et réaliser un film dérivé d’Evil Dead. Le choix n’a rien d’un hasard : le réalisateur venait de marquer les esprits avec Infested, un survival horreur mettant en scène des araignées géantes terrorisant une cité parisienne. Une réussite suffisante pour que Raimi lui confie les clés d’une franchise qui ne badine jamais avec son héritage.

Le plus surprenant, c’est la liberté accordée au metteur en scène. Warner Bros. voulait un film déconnecté des épisodes précédents, et Sam Raimi lui a laissé un contrôle créatif total. Vaniček a d’ailleurs tenu à préserver une patte bien française dans un projet américain, un pari qu’il assume revendiquer jusque dans sa mise en scène. Il a retrouvé pour l’occasion Florent Bernard, son coscénariste sur Infested, preuve que le duo fonctionne aussi bien sur les insectes géants que sur les démons du Necronomicon.

Le tournage s’est déroulé en Nouvelle-Zélande, entre juillet et octobre 2025, avant une longue attente jusqu’à la sortie. Le film a d’abord été annoncé pour octobre 2025, puis repoussé, avant de se stabiliser sur juillet 2026. Un calendrier chahuté, mais qui n’a rien d’inhabituel pour une production aussi attendue par les fans du genre.

Une intrigue qui transforme le deuil en cauchemar familial

Oubliez les cabanes isolées et les groupes d’amis imprudents. Le film suit une jeune femme qui cherche du réconfort auprès de sa belle-famille après la mort de son mari, alors que la famille se réunit dans une maison isolée, et la réunion devient une « réunion de famille venue de l’enfer » quand ses membres se transforment progressivement en Deadites. Alice, incarnée par Souheila Yacoub, se retrouve ainsi piégée avec des beaux-parents toxiques, incarnés par Tandi Wright et Erroll Shand, le frère de son défunt mari (Hunter Doohan), sa compagne (Luciane Buchanan) et une grand-mère qui vole littéralement la vedette, Polly.

Le vrai twist du scénario, c’est son sous-texte. Produit par Raimi et Lee Cronin, le réalisateur d’Evil Dead Rise, Burn raconte l’histoire de survie d’Alice, une Française dont le mari violent vient de mourir. Cette dimension de violence conjugale traverse tout le récit, au point que certains critiques y voient la vraie colonne vertébrale du film. La cruauté intime du récit prend des airs de violence domestique, et ce qui commence comme une plongée jouissive dans une famille toxique devient une méditation sur les violences faites aux femmes. Une audace scénaristique qui ne fait pas l’unanimité, certains y voyant une lecture un peu trop littérale du mythe Deadite.

Détail amusant pour les puristes : Evil Dead Burn est le premier film de la franchise où l’héroïne ne manie jamais de tronçonneuse. Une rupture symbolique avec l’iconographie Ash Williams, qui en dit long sur la volonté de Vaniček de s’écarter du fan service facile.

Un déluge de gore qui a électrisé le CinemaCon

Côté mise en scène, difficile de faire plus radical. Une séquence d’ouverture aussi nauséabonde qu’inventive annonce immédiatement Vaniček comme un digne héritier de Raimi, où boue, eau, bois éclaté, fumée et peau se fondent dans la même sensation répugnante. La bande-annonce projetée au CinemaCon en avril 2026 avait d’ailleurs déjà fait sensation, promettant des doigts tranchés et un empalement par appui-tête de voiture parmi ses morceaux de bravoure.

Le style Vaniček, on le reconnaît aussi à sa manière de ralentir le rythme là où on l’attend frénétique. Il interrompt régulièrement l’enchaînement du carnage pour étirer les moments les plus intenses avec des ralentis, des montées de musique et une forme de contemplation qui rend ses Deadites étrangement sensibles. Une approche que la critique rapproche volontiers du cinéma français le plus radical : on y retrouve l’œil et l’appétit pour l’ultraviolence hérités du mouvement New French Extremity.

Parmi les séquences les plus commentées, une scène de bagarre en plan-séquence dans une salle à manger a nécessité un travail de chorégraphie considérable. Le long plan-séquence d’un combat de Deadites autour de la table s’est tourné en un total de 13 prises, cascadeurs projetés parmi les explosions et les débris. Une prouesse technique saluée même par les critiques les plus sévères envers le scénario.

Reste que l’accueil critique est loin d’être unanime. Sur Rotten Tomatoes, 71% des 139 critiques ont donné un avis positif, avec une note moyenne de 6,3/10, tandis que Metacritic attribue au film un score de 55 sur 100, synonyme d’avis « mitigés à moyens ». Le consensus de Rotten Tomatoes résume bien l’ambivalence ambiante : « Sébastien Vaniček verse les tripes avec panache dans ce dernier volet d’Evil Dead, le chapitre le plus méchant, le plus sale et le plus écœurant ». Côté box-office, le film a réalisé un démarrage à 13,7 millions de dollars lors de son week-end d’ouverture, terminant quatrième au classement, pour un total mondial de 41 millions de dollars pour un budget de 20 millions. Pas un raz-de-marée, mais suffisant pour rentabiliser l’entreprise.

La franchise, elle, ne compte pas s’arrêter là. Un nouvel épisode, réalisé par Francis Galluppi et intitulé Evil Dead Wrath, est déjà en tournage, porté par Rob Tapert et Sam Raimi. De quoi confirmer ce que Evil Dead Burn avait déjà prouvé à sa manière fracassante : cette saga vieille de plus de quarante ans refuse obstinément de mourir, quitte à se réinventer un peu plus mal-aimée à chaque génération de réalisateurs qui s’y frotte.

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