« Je pensais que personne ne pourrait remplacer la peste de 1974 » : pourquoi l’arrivée de Nellie Oleson dans le remake de La Petite Maison dans la Prairie divise autant les fans

Cinquante-deux ans après qu’Alison Arngrim a enfilé les tire-bouchons blonds de la pire ennemie de Laura Ingalls, Netflix a trouvé sa nouvelle Nellie Oleson. Et comme souvent avec les reboots qui touchent à l’enfance de plusieurs générations, l’annonce a immédiatement divisé les fans entre enthousiasme sincère et scepticisme frontal.

À retenir

  • Une actrice inconnue doit incarner l’un des personnages les plus iconiques de la télévision américaine
  • La bénédiction inattendue de l’actrice originale cache des tensions générationnelles
  • Le reboot divise bien au-delà du simple casting de Nellie Oleson

Willa Dunn reprend le rôle le plus détesté (et adoré) de la télévision

C’est Deadline qui a lâché l’information le 27 mai 2026 : l’actrice Willa Dunn incarnera Nellie Oleson dans la nouvelle série La Petite Maison dans la prairie, produite par Netflix, reprenant ainsi le rôle mythique de Alison Arngrim. Le personnage n’apparaît d’ailleurs pas dans la première saison du reboot, diffusée le 9 juillet 2026 : Willa Dunn a été choisie pour incarner ce rôle dans la saison 2, une saison déjà commandée par la plateforme.

La description officielle du personnage ne s’éloigne pas franchement des standards de la peste télévisuelle : sur le papier, Nellie est une princesse gâtée version mondiale et une petite tyran de cour de récré. Intelligente et parfaitement sûre d’elle, la langue acérée mais facilement blessée. On reconnaît là l’ADN du personnage original, cette gamine capable de faire pleurer toute une classe avant la récréation tout en cachant une fragilité bien réelle sous ses grands airs.

Côté parcours, la jeune actrice n’en est pas à son coup d’essai. Les spectateurs l’ont notamment vue dans Only Murders in the Building, où elle incarnait la jeune version du personnage joué par Meryl Streep. Elle est également apparue dans Poker Face, Inside Amy Schumer ou encore The Runarounds. Un CV plutôt solide pour une adolescente qui va devoir porter, dès la saison 2, l’un des poids les plus lourds de la pop culture télévisuelle américaine.

Alison Arngrim, la première à saluer sa remplaçante

Voilà qui aurait pu virer au clash générationnel. Mais la principale intéressée a coupé l’herbe sous le pied des polémistes. Sur Instagram, Alison Arngrim a publié un message théâtral et bienveillant : « Aujourd’hui, une autre a été choisie. Bow down and tremble before her new majesty, the new Nellie, Miss Willa Dunn!! (Who I hear is a perfectly nice little girl and will do a great job!) ».

Le geste a été salué en commentaires. Un internaute a écrit apprécier que ce soit ainsi que chaque enfant star reprenant un rôle iconique dans un reboot soit accueilli, soulignant que « They really are carrying on legacy, not replacing or putting down those who came before ». Même Skywalker Hughes, qui joue Mary Ingalls dans la nouvelle série, a réagi publiquement au message.

Arngrim n’a d’ailleurs pas fait qu’un simple geste symbolique sur les réseaux : elle apparaît réellement dans le reboot, mais pas dans le rôle qu’on attendait. Dans l’épisode 2, alors que Laura et Mary Ingalls se perdent dans les bois près de leur nouvelle maison dans le Kansas des années 1870, les deux sœurs croisent un trio de personnages inquiétants, dont Ida, jouée par Alison Arngrim. Une apparition méconnaissable, puisque l’actrice de 64 ans apparaît presque totalement méconnaissable, jouant Ida, une femme mystérieuse et légèrement menaçante vivant dans les bois avec un groupe de vagabonds.

La showrunneuse Rebecca Sonnenshine tenait à ce clin d’œil depuis longtemps. Elle confie qu’elle voulait Nellie dans son show depuis deux ans, ajoutant qu’elle se demandait si l’actrice accepterait. Un caméo malin qui rend hommage à l’originale sans pour autant s’appuyer sur elle pour construire la nouvelle version du personnage : la créatrice a précisé s’appuyer bien plus sur les romans de Laura Ingalls Wilder que sur la série NBC des années 1970 pour écrire sa nouvelle Nellie.

« Personne ne pourra jamais égaler l’originale », le camp des sceptiques

Malgré la bénédiction de l’ex-Nellie, une partie des fans reste sur ses gardes. Dans les commentaires du message d’Arngrim, certains ont insisté sur l’irremplaçabilité du personnage originel. Plusieurs ont écrit que personne ne pourrait jamais égaler la Nellie originale, l’un d’eux qualifiant le rôle de « massive shoes to fill ». Un autre a carrément lancé que l’ancienne Nellie était irremplaçable.

Cette nostalgie n’a rien d’anodin. Le personnage a marqué durablement l’imaginaire collectif américain, au point qu’Arngrim elle-même compare la difficulté du rôle à celle d’incarner un grand méchant de cinéma. Elle prévient que si l’actrice fait bien son travail, il y aura des gens qui la détesteront et croiront que la série est réelle, comparant cela à jouer Hannibal Lecter : si c’est bien fait, les gens vont s’enflammer. Une manière élégante de dire à Willa Dunn : bienvenue dans le club très fermé des actrices qu’on adore détester.

Cette appréhension s’inscrit aussi dans un contexte plus large de méfiance envers le reboot. Le casting est plus diversifié que celui de la série de 1974, ce qui a provoqué une polémique menée notamment par Megyn Kelly, tandis que Melissa Gilbert, actrice historique de la série, a défendu le reboot en rappelant que l’originale abordait déjà des sujets de société. Dans ce climat déjà tendu, l’arrivée d’une nouvelle Nellie touche à un nerf particulièrement sensible : celui du personnage qui a fait pleurer, rire et grincer des dents des générations entières de spectateurs devant leur poste.

Un pari risqué mais pas sans filet

Netflix ne joue pas petit bras sur ce coup. Le reboot de La Petite Maison dans la prairie est un énorme pari pour Netflix qui a déjà commandé deux autres saisons alors que la première n’a toujours pas été diffusée. Un choix qui s’explique en partie par le jeune âge des interprètes, souvent en pleine croissance, un problème déjà rencontré sur d’autres productions de la plateforme.

Reste que l’accueil critique de la saison 1 plaide plutôt en faveur du projet, avec 75% sur Rotten Tomatoes selon les agrégateurs consultés. Le vrai test, lui, n’aura lieu qu’à l’arrivée de la saison 2 et du premier vrai face-à-face entre Laura Ingalls et sa nouvelle rivale. D’ici là, Willa Dunn peut se rassurer sur un point : même la Nellie originale a mis des années avant de comprendre qu’être détestée à l’écran restait, au fond, le plus beau des compliments.

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