TF1 ne tourne plus une seule scène de HPI à Paris : ce que la chaîne filme à la place depuis la première saison

Oubliez la Tour Eiffel, les quais de Seine ou les toits d’ardoise parisiens : depuis son lancement en 2021, HPI n’a jamais posé une seule caméra dans la capitale. La série portée par Audrey Fleurot a fait un choix radical dès le départ, et elle ne l’a jamais renié depuis. Depuis 2021, la série met en scène Audrey Fleurot, alias Morgane, femme de ménage devenue consultante pour la police judiciaire de Lille. Et ce n’est pas qu’une intrigue posée sur le papier : le tournage suit scrupuleusement cette géographie, épisode après épisode, saison après saison.

À retenir

  • Aucune scène de HPI n’a jamais été tournée à Paris depuis 2021
  • Le commissariat de Morgane est filmé dans un vrai bâtiment de Lille, pas un studio reconstitué
  • La série quadrille toute la métropole lilloise : Tourcoing, Roubaix, Lambersart… un choix narratif et esthétique

Un commissariat qui a une vraie adresse… à Lille

Le fameux commissariat où s’agite Morgane Alvaro n’est pas un studio parisien reconstitué en plateau. L’ancien bâtiment de Sciences Po Lille, dans le quartier Moulins, a servi de décor pour le commissariat, entre fin 2019 et août 2020. Ce lieu est devenu, au fil des saisons, une véritable institution pour l’équipe de tournage. Le bâtiment, ancienne usine textile et un temps hôte de Science Po, est le Q.G. de cette série à succès depuis le début. Pour la saison 5, diffusée en 2025, les caméras ont même investi une rue voisine reconstituée : rue de Trévise, en février 2025, l’excentrique Morgane Alvaro tourne une scène pour l’épisode 3 de la cinquième et dernière saison de HPI.

Ce choix n’a jamais varié d’une saison à l’autre. Dès la deuxième saison, la production a confirmé cette orientation nordiste sans détour. Le producteur exécutif de la série, Patrice Onfray, interrogé par La Voix du Nord, confirme la production d’une deuxième saison, précisant que les repérages devraient avoir lieu en août 2021, pour un tournage qui devrait débuter mi-octobre et se poursuivre jusqu’à mi-février ; celui-ci se déroule dans les Hauts-de-France, comme pour la première saison. Un ancrage territorial rare pour une série diffusée en prime time sur une chaîne nationale, qui aurait pu, comme tant d’autres, se rabattre sur la région parisienne pour des raisons logistiques évidentes.

Toute la métropole lilloise transformée en plateau à ciel ouvert

Le commissariat n’est que la partie visible de l’iceberg. La série a littéralement quadrillé le territoire du Nord au fil de ses cinq saisons, multipliant les communes et les décors. Pour la troisième saison, le tournage a commencé le 29 juin 2022 dans les Hauts-de-France pour les deux premiers épisodes, les épisodes 3, 4 et 5 sont tournés entre fin novembre 2022 et fin janvier 2023 et les trois derniers de février au 15 mars 2023, avec un tournage ayant lieu à Lille, Lambersart, Roubaix, Armentières, Frelinghien, Cysoing, Bousbecque, Ronchin, Loos, Tourcoing et La Neuville. Une vraie tournée des grands-ducs du Nord, qui a même débordé au-delà de la métropole : pour cette même saison, l’équipe a posé ses valises dans le château d’Éterpigny, dont la configuration a donné lieu à divers cadrages, permettant à l’équipe de tourner à la fois dans le rez-de-chaussée et les étages du manoir mais également dans l’orangerie située dans les jardins.

La saison 4 n’a pas dérogé à la règle, avec un nouveau passage par les rues familières. Comme pour la troisième saison, le tournage des deux premiers épisodes a lieu en été, il commence le 11 août 2023, et le tournage des épisodes 3 et 4 débute le 16 octobre 2023, notamment à Tourcoing, Lille, Roubaix et Mouvaux. Et pour la cinquième et dernière saison, diffusée depuis le 15 mai 2025, rien n’a changé côté décors. Comme les précédentes saisons, la saison 5 de la série HPI a été tournée en grande partie dans la métropole lilloise, notamment à Tourcoing et Villeneuve-d’Ascq, ces décors urbains du Nord ayant façonné l’esthétique visuelle si reconnaissable de la série, oscillant entre modernité et chaleur humaine. Même la production continue de chercher activement des lieux dans un rayon très précis : pour deux épisodes de cette dernière saison, l’équipe voulait un immeuble de 3 étages, avec un bel escalier central, une porte vitrée dans le hall ainsi qu’une boîte aux lettres et un local poubelles, situé au plus loin à une cinquantaine de kilomètres de Lille, avec Lens, Béthune ou le secteur de l’Arrageois inclus dans la zone concernée.

Pourquoi les briques rouges plutôt que les toits parisiens

Ce choix n’a rien d’un hasard budgétaire. Le directeur de production de la série l’a expliqué sans ambiguïté à la ville de Lille : « Le scénario s’est toujours inscrit dans le Nord, et notamment à Lille, pour ses briques rouges, sa lumière qui donne une atmosphère particulière, cette chaleur humaine et cette ambiance propres à la région », remarque Franck Delpech, le directeur de production. Une identité visuelle pensée dès l’écriture, et non plaquée après coup. Il ajoute un second argument, plus pragmatique celui-là : la qualité des échanges avec les professionnels du spectacle, et les compétences que son équipe peut trouver dans la capitale des Flandres pèsent tout autant dans la balance que le décor lui-même.

HPI n’est d’ailleurs pas un cas isolé. Lille est devenue, ces dernières années, un vrai terrain de jeu pour les productions françaises, entre séries policières et comédies. On y a notamment vu passer les séries Les petits meurtres d’Agatha Christie, Commissaire Magellan, Les invisibles ou encore Poulets grillés, le téléfilm Elles deux, les films En fanfare et Six jours. Un détail amusant pour les curieux qui voudraient repérer les décors en vrai : le fameux immeuble de la troisième saison, un gîte baptisé le Clos Barthélemy, a même vu son propriétaire décrocher un petit rôle de figurant à l’écran, preuve que dans le Nord, la frontière entre décor de tournage et vie locale reste étonnamment poreuse.

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