Ce feuilleton de Sète va souffler ses 9 bougies sur TF1 : la chaîne avait pourtant enchaîné les échecs avant lui, et ce n’est pas un hasard s’il a tenu

Neuf ans, plus de 2250 épisodes, et une diffusion quotidienne ininterrompue depuis 2017. Demain nous appartient souffle ses bougies sur TF1 cet été, et le chiffre a de quoi surprendre quand on se souvient du parcours semé d’embûches des feuilletons français avant lui. Tout commence le 17 juillet 2017. Dès le premier épisode, l’ambiance festive vole en éclats avec l’explosion d’un bateau sous les yeux de Chloé, Alex, Victoire, Sandrine et Soraya : la première grande enquête de la série est lancée. Depuis, la ville de Sète est devenue un décor aussi familier aux téléspectateurs que leur propre salon.

À retenir

  • TF1 avait essuyé plusieurs cuisant revers avant de miser sur ce feuilleton : quel était le vrai gamble ?
  • Avec plus de 2250 épisodes en 9 ans, cette série a battu des records d’audience que même le prime-time envie
  • La ville de Sète génère 500 000 euros par mois grâce à la série : mais jusqu’à quand tiendra cette manne ?

Un pari lancé sur les ruines d’un échec cuisant

TF1 n’en était pas à son coup d’essai. Après le gros échec du Cinq à Sept avec Arthur, TF1 a lancé un nouveau feuilleton : Demain nous appartient qui fait appel à un casting premium avec des acteurs connus comme Lorie, la candidate Lou de The Voice Kids ou encore Ingrid Chauvin. Autant dire que la chaîne jouait gros. D’autres tentatives suivront d’ailleurs le même chemin escarpé : quand ils lancent un feuilleton, les premiers épisodes ne sont pas parfaits, on l’a vu avec « Nouveau Jour » ou encore « Tout pour la Lumière » qui auraient mérité une saison 2. Deux titres vite oubliés, contrairement à celui tourné sur les bords de l’étang de Thau.

La différence ? Elle tient en un mot : casting. Là où Plus belle la vie, référence absolue du genre sur France 3, avait misé sur des visages inconnus à ses débuts, TF1 a choisi l’inverse. Contrairement à Plus belle la vie à ses débuts, TF1 mise d’emblée sur des acteurs connus du public : Ingrid Chauvin, Lorie Pester, Alexandre Brasseur ou encore la regrettée Charlotte Valandrey. Un choix stratégique qui a immédiatement rassuré les spectateurs sceptiques face à ce format inédit sur la Une. Résultat ? Le pari est gagné : DNA s’installe durablement à 19h10 et devient un rendez-vous incontournable avant le JT.

Les créateurs de la série, eux, ne cachent pas avoir observé la concurrence de très près. Même si la production se doutait bien que cloner le soap opera à succès de France 3 en reprenant sa grammaire pour raconter le quotidien ardu de quidams et le désir de lendemains qui chantent avec un soupçon de polar serait une formule gagnante, il n’était pas évident que l’aïoli prenne à ce point auprès du public français, suisse et belge. Neuf ans plus tard, l’aïoli a visiblement pris.

Des chiffres qui donnent le vertige

Le 1er août 2025, la série a franchi un cap symbolique. Le 17 juillet 2017, TF1 lançait un pari fou : un feuilleton quotidien tourné à Sète, porté par Ingrid Chauvin et Alexandre Brasseur. Le 1er août 2025, le feuilleton franchit la barre symbolique du 2000e épisode, devenant le deuxième feuilleton français à passer ce cap. Seule Plus belle la vie avait fait mieux avant elle. Pour l’occasion, la production avait mis les petits plats dans les grands : sans sacrifier la continuité de l’intrigue principale actuelle, un long flashback retrace huit années de drames et de joies et permet de revoir certains visages oubliés et de revivre des moments-clés.

Côté audiences, le pic reste gravé dans les annales de la chaîne. Le record de part de marché de cette saison date du 13 juillet 2023, il s’établit à 20,3 %, soit 2 350 000 téléspectateurs. Un score qui ferait pâlir bien des programmes de prime-time. Et la série ne se contente pas de cartonner dans l’Hexagone : elle s’est largement exportée au fil des ans. Depuis le 24 février 2019, des rediffusions sont également proposées la nuit sur TF1 Séries Films. Il est également diffusé en Belgique (sur La Une) ainsi qu’en Suisse romande sur RTS Un, et au Québec sur TV5. Direction plus inattendue encore : la série est également disponible depuis le 19 juin 2026 sur Netflix, un moyen habile de recruter une audience plus jeune qui n’avait jamais mis les pieds à 19h10 devant TF1.

Sète, décor devenu personnage à part entière

Ce qui frappe, au-delà des chiffres d’audience, c’est l’empreinte économique laissée par le feuilleton sur la ville qui l’accueille. La série génère des retombées économiques importantes pour Sète, avec environ 500’000 euros par mois et un boost du tourisme local. Une manne financière régulière pour les commerçants locaux, transformés malgré eux en figurants du quotidien de millions de Français. On imagine mal un feuilleton raté générer un tel écosystème économique autour de lui.

La longévité n’a pas empêché la série de continuer à se réinventer. Neuf ans, plus de 2200 épisodes, et toujours autant de passion : Demain nous appartient n’a pas fini de nous surprendre, comme le prouve le mystère de l’intrigue Kalésia (en s’inspirant de la série The White Lotus) qui s’ouvre actuellement. Une manière habile de piocher dans les tendances du moment sans trahir l’ADN de la série. Car si le format quotidien impose un rythme de tournage effréné, quasiment industriel, l’équipe créative continue visiblement d’innover plutôt que de se reposer sur ses acquis.

Reste une question que peu de médias posent vraiment : combien de temps un feuilleton quotidien peut-il tenir avant l’essoufflement inévitable ? Plus belle la vie, justement, s’est arrêtée après 18 saisons et plus de 4500 épisodes, rattrapée par la lassitude du public et les coûts de production. À neuf ans et plus de 2250 épisodes au compteur, Demain nous appartient n’a pas encore atteint la moitié de ce chemin. De quoi laisser à Sète encore de belles années de tournage devant elle.

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