Si un seul film de Jean Dujardin a dépassé les 4 millions d’entrées en France, ce n’est pas celui qui a tout raflé : c’est celui de 2005

4 341 092 tickets vendus. Ce chiffre, c’est celui de Brice de Nice, sorti en 2005, et c’est le seul film de toute la carrière de Jean Dujardin à avoir franchi la barre symbolique des 4 millions d’entrées en France. Pas The Artist, pourtant multi-oscarisé et présenté comme le sommet absolu de sa carrière. Le film qui a « tout raflé » aux Oscars et aux César n’a jamais approché ce score dans les salles françaises. La comédie en combinaison jaune fluo, elle, si.

À retenir

  • Un seul film de Jean Dujardin a jamais dépassé les 4 millions d’entrées en France
  • Ce record appartient à une comédie populaire, pas à un film primé aux Oscars
  • Vingt ans après, personne n’a réussi à battre ce phénomène inattendu du box-office français

Le phénomène Brice de Nice, un carton que personne n’avait vu venir

Le 6 avril 2005, personne ne mise sur ce personnage de sketch transposé au cinéma. Et pourtant, dès sa sortie, le film signe tout simplement le meilleur démarrage de l’année 2005, et même le meilleur lancement parisien depuis Ocean’s Twelve. La suite ne fait que confirmer l’engouement : deux semaines après sa sortie, « Brice de Nice » continue de « kasser » le public français à un rythme infernal, avec déjà plus de 2 millions de spectateurs. Une semaine plus tard encore, le surfeur Jean Dujardin a kassé près de trois millions de spectateurs, s’imposant comme le plus gros succès de 2005.

Le film finira sa course avec un total qui dépasse les 4,3 millions d’entrées, un score suffisamment massif pour que, dans un bilan annuel marqué par le recul global de la fréquentation, Brice de Nice reste le seul film français à figurer dans le Top 10 annuel, alors même que 2005 comptait seulement deux films au-delà des 5 millions de spectateurs, contre cinq en 2004. Dans une année de vaches maigres pour le box-office français, un surfeur maladroit en néoprène jaune a fait mieux que toute la concurrence hexagonale.

Ce qui rend le score encore plus frappant, c’est l’accueil critique initial. Bien qu’il ait reçu un accueil négatif, le film a obtenu un succès inattendu au box-office, atteignant 4,3 millions d’entrées, et il a même gagné le statut de film culte. Vingt ans après, les répliques de Brice tournent toujours en boucle sur les réseaux sociaux, preuve que le succès commercial et la reconnaissance critique n’ont jamais eu grand-chose à voir l’un avec l’autre pour ce film-là.

The Artist, une razzia aux Oscars… mais pas au box-office français

Voilà le paradoxe qui donne tout son sel à cette histoire. En 2011, The Artist rafle l’Oscar du meilleur acteur pour Jean Dujardin, l’Oscar du meilleur film, et une pluie de récompenses aux César. Le film est projeté comme un triomphe absolu, presque une revanche du cinéma muet français face à Hollywood. Mais côté entrées, le décalage est net : porté par l’effet Oscars et César, le film s’octroie une hausse de fréquentation qui le porte à 2,7 millions de cinéphiles en France. C’est un excellent résultat pour un film en noir et blanc et muet, officiellement le plus gros succès cannois de l’année 2011, mais on reste très loin des 4,3 millions de Brice de Nice.

Le contraste dit beaucoup de choses sur la manière dont fonctionne le box-office français. Les Oscars et les César génèrent du prestige, de la couverture médiatique, des rediffusions en boucle sur les plateaux télé. Mais ils ne garantissent pas mécaniquement des files devant les guichets. Une comédie populaire, portée par un personnage déjà culte grâce à la télévision et au bouche-à-oreille des cours de récré, peut au final rassembler bien plus de spectateurs qu’un film consacré par toute la profession.

Le reste de la filmographie, entre bons scores et coups d’éclat

Entre ces deux extrêmes, Jean Dujardin a construit une carrière solide sans jamais retrouver le niveau de Brice de Nice. Les Infidèles, sketch-movie coécrit et coréalisé avec son complice Gilles Lellouche, avait démarré très fort : la comédie a fait rire, ou offusqué, plus d’un million de spectateurs dès ses débuts, signant le plus gros démarrage jamais enregistré pour un film à sketches. Un score impressionnant pour un lancement, mais qui n’a pas suffi à s’approcher des sommets de 2005 sur la durée totale d’exploitation.

La saga OSS 117, les comédies romantiques comme Un plus une, les projets plus auteurisants comme Möbius ou Le Bruit des glaçons : Dujardin a multiplié les registres, souvent avec succès critique ou commercial honorable, mais jamais avec l’ampleur populaire de sa comédie de 2005. C’est presque devenu la norme pour l’acteur : des scores solides, réguliers, sans le raz-de-marée initial.

L’actualité de 2026 confirme d’ailleurs cette constance sans surenchère. Avec Les Rayons et les ombres, réalisé par Xavier Giannoli, l’acteur signe 303 452 entrées lors de sa première semaine d’exploitation, un score honorable qui lui vaut d’être qualifié par la presse spécialisée comme le meilleur rôle de sa carrière selon certains observateurs. De quoi rappeler que même deux décennies après le phénomène Brice, Jean Dujardin reste une valeur sûre du box-office français, sans pour autant retrouver la déferlante inattendue de son surfeur en combinaison fluo. vingt ans après, ce record tient toujours, et personne, pas même l’acteur lui-même, ne semble pressé de le battre.

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